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Discours du trône: Décevant régime algérien

En mai 2020, le régime algérien s’était élevé contre le fait que le consul du Maroc à Oran, Aherdane Boutaher, ait qualifié dans une vidéo -dont la véracité a été contestée par la diplomatie marocaine- l’Algérie de “pays ennemi”.

Et à voir les réactions de ses relais médiatiques au dernier discours du trône du 31 juillet 2021, où le roi Mohammed VI a renouvelé son offre déjà formulée en novembre 2018 de “main tendue” à l’endroit des dirigeants algériens, le moins que l’on puisse dire est que M. Boutaher n’avait pas tout-à-fait tort; encore faut-il préciser que le peuple algérien frère n’est aucunement visé, étant lui-même victime dudit régime qu’il conteste depuis février 2019 par le biais du mouvement de protestation du “Hirak”.

En effet, la presse de la voisine de l’Est, au lieu de saisir l’occasion au bond pour aplanir ce qu’il y à l’être et prêcher l’unité maghrébine dont elle aime à se gargariser pour excuser son soutien à la séparation du Sahara marocain, a malheureusement jeté la déontologie journalistique aux orties et cédé à la provocation aussi bien envers le Maroc, en attentant encore à son intégrité territoriale, qu’à la personne de son chef de l’État, en des termes qui ne sont, au passage, pas sans rappeler le coup de Jarnac cathodique de la chaîne Echourouk News de début février 2021, qui avait donné en un spectacle pas très réussi et teinté au surplus d’antisémitisme une marionnette censée représenter le Souverain.

Une campagne orchestrée par la junte algérienne elle-même et balayant donc d’un revers de main l’initiative royale? Impossible de ne pas se résoudre à le conclure, tant l’argumentaire était, de titre en titre, quasiment le même, en reprenant notamment des éléments de langage déjà formulés au moment de la première proposition du roi Mohammed VI, à savoir qu’il s’agirait d’un “non-événement” et que le Maroc se devrait, s’il espère que ses frontières avec l’Algérie soient rouvertes, cesser ses soi-disant attaques médiatiques hostiles -on voit bien maintenant encore quelle partie s’y donne vraiment à coeur joie- ou, même, ne plus lui faire assumer son rôle de partie prenante dans le conflit saharien -ce que, indéniablement, elle est, elle qui finance, abrite, arme et soutient diplomatiquement le mouvement séparatiste du Front Polisario.

Mais c’était somme toute, à connaître la junte algérienne, dans l’ordre des choses, plus grand-chose n’était vraiment à espérer d’elle. Et le Maroc se devra sans doute, pour sa part, aviser et ne plus naïvement continuer à faire preuve des scrupules qui sont les siens depuis bientôt soixante ans envers un État qui est non seulement, de son propre aveu, militaire, mais également belliciste et, à tout le moins, voyou.

Quant au Maghreb, doux rêve porté un jour de printemps 1958 à Tanger par, entre autres, côté marocain Allal El Fassi et, celui de l’Algérie, Ferhat Abbas, pratiquement matérialisé à Marrakech en février 1989 par le truchement de l’Union du Maghreb arabe (UMA), mais rêve également aussi lointain que le sont les positions actuelles de Rabat et d’Alger.

 

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