Discours du Roi Mohammed VI au parlement: Objectif, un Maroc souverain

La feuille de route fixée par le Souverain dans son intervention devant les élus de la nation ne manque pas d’aspirer à ce que le Royaume se donne les moyens de franchir le plafond de verre bridant son développement humain et socioéconomique.

C’est ce lundi 11 octobre 2021 que Aziz Akhannouch doit présenter le programme du gouvernement qu’il préside à la Chambre des représentants. Mais l’on sait, en fait, d’ores et déjà quelles seront ses priorités, notamment à partir du discours d’ouverture du parlement donné trois jours plus tôt par le roi Mohammed VI.

Dans cet exercice annuel qui, soit dit en passant, est intervenu au lendemain même de la nomination, le 7 octobre 2021, du nouvel Exécutif au palais royal de la ville de Fès, le Souverain a, ainsi, mis l’accent sur ce qu’il a qualifié de trois “volets”, à savoir “la nécessaire consolidation de la place occupée par le Maroc et la défense impérieuse de ses intérêts supérieurs”, “la gestion de la crise pandémique et la poursuite de la relance économique”, et, enfin, “l’opérationnalisation du modèle de développement et [le] lancement d’une nouvelle génération de projets et de réformes intégrés”. Volets qui sont d’ailleurs complémentaires, l’un allant avec l’autre.

Approche proactive
En effet, diagnostique le roi Mohammed VI, la pandémie de Covid-19, qui touche particulièrement le Maroc depuis le 2 mars 2020, “a révélé le retour en force du thème de la souveraineté”, et ce “qu’elle soit sanitaire, énergétique, industrielle, alimentaire ou autre”. Or cette souveraineté, elle implique du gouvernement Akhannouch une approche à tout le moins proactive, en ce sens qu’il est appelé à anticiper au lieu de subir le cours des événements, comme cela a été le cas dans de nombreux pays de la région qui s’en sortent beaucoup moins bien, si ce n’est mal.

Ce qui implique concrètement, selon le roi Mohammed VI, de mettre en place “un dispositif national intégré ayant pour objet la réserve stratégique de produits de première nécessité”; mais l’on pourrait en dire autant du nouveau modèle de développement (NMD) en lui-même, qui a justement pour vocation, entre autres, d’“ouvrir de larges perspectives devant chacun et tous”.

À cet égard, le Souverain a exprimé le souhait que “cette législature soit le point de départ de cette dynamique volontariste ambitieuse incarnant l’intelligence collective des Marocains”, appelant, par là même, “le nouveau gouvernement” à “définir les priorités et les projets à mettre en chantier au cours de son mandat et mobiliser les ressources nécessaires pour assurer leur financement”. “Le modèle de développement offre de vastes champs d’action tant pour le gouvernement que pour le parlement, avec toutes ses composantes,” a-t-il estimé. Cela, c’est pour le long terme.

Pour le court terme, le roi Mohammed VI a incité le gouvernement Akhannouch à mettre à profit l’embellie économique en cours, représentée notamment par la reprise à 5% de la croissance, pour “poursuivre notre action avec responsabilité et patriotisme, loin de tout pessimisme et à l’écart d’une certaine rhétorique négativiste”.

Il a, par ailleurs, également promis que “l’État poursuivra [son] effort national, notamment à travers l’investissement public, l’appui apporté aux entreprises et l’adoption de mesures incitatives en leur faveur”. M. Akhannouch ne peut pas dire que l’horizon n’est pas clair pour lui...