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Le discours de la raison du ministre Mohamed Mehdi Bensaid


En dépit des tentatives de blocage de certains parlementaires, le ministre Bensaid a su rappeler aux députés que le projet de loi concernant la gestion des affaires de la presse vise à sortir d’une impasse et que l’autorégulation du secteur n’est pas à négocier

La commission de l’éducation, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants a tenu mardi, 30 mai 2023, la première réunion consacrée à la discussion du projet de loi portant création de la Commission provisoire de gestion des affaires de la presse et de l’édition. Une réunion marquée par des critiques parfois acerbes de la part de certains députés de l’opposition refusant le principe même de la création d’une telle commission.

Contacté par nos soins le lendemain de cette réunion, Mohamed Mehdi Bensaid, ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication a confié que lors de la réunion du mardi 30 mai, il y avait des critiques de certains députés, notamment du PJD qui appelaient à amender spécifiquement l’article de la loi portant création du CNP et permettant ainsi la tenue des élections des nouveaux membres du Conseil. «Or, c’est aux professionnels de régler ce genre de détails.

Maintenant, il y a un vide, une lacune dans la loi qui n’avait pas prévu des mesures transitoires au cas où le Conseil n’arrive pas à tenir des élections. Le gouvernement est responsable de la continuité des missions du Conseil National de la Presse (CNP) à travers un projet de loi conforme à la Constitution… Nous avons décidé de nous appuyer sur le concept institutionnel, ce qui signifie que le bureau actuel du CNP dispose d’une légitimité qui lui permet de poursuivre son activité quotidienne », nous précise-t-il.

Pour le ministre Bensaid, le projet de loi soumis au parlement prévoit «la constitution d’une commission composée de professionnels de la presse et chargée de présenter des propositions au parlement en vue de leur discussion. En somme, une procédure juridique qui respecte toutes les opinions. Je suis confiant quant à l’issue de cette procédure. On attend les propositions d’amendements des députés et dans une dizaine de jours, la commission parlementaire procèdera au vote du projet. Un vote qui sera, je l’espère, positif.», enchaîne-t-il.

Un avis que les députés de la majorité partagent largement. Pour eux, ce projet de loi contribuera certainement à résoudre de manière définitive les problèmes que rencontrent le secteur, tout particulièrement la situation problématique du Conseil National de la presse. La durée de vie de la Commission provisoire chargée de la gestion des affaires de la presse et de l’édition entre 8 et 24 mois, est une occasion pour procéder à une révision globale de la réglementation régissant ledit conseil, outre l’opportunité d’améliorer son activité en s’inspirant des expériences et des bonnes pratiques au niveau international mais aussi en tirant des leçons des faux pas du départ. Quant aux députés de l’opposition, ils considèrent que ce projet de loi ne résoudra pas la situation problématique du Conseil National de la Presse, préconisant de mener des consultations élargies avec les professionnels en vue de parvenir à un compromis.

M. Bensaid va plus loin en soulignant d’abord que pour lui, il n’y a pas lieu de parler majorité et opposition pour ce genre de projet de loi: «Je refuse de politiser un tel sujet. Nous avons organisé des rencontres avec les composantes du secteur de la presse et de l’édition dans le but de s’accorder sur la définition d’une vision commune. L’objectif est de permettre l’élection du CNP. Mais le plus important n’est pas qui va présider le conseil ou qui va diriger telle ou telle commission du conseil. Le plus important, voire ce qui est vital, c’est créer les conditions d’un débat serein pour sortir la profession de sa crise économique et financière et permettre aux médias d’entrevoir l’avenir avec assurance. Assainir la profession est une priorité.

Aujourd’hui, il existe un consensus sur la nécessité d’une réforme globale du secteur médiatique», affirme le ministre Bensaid. D’après lui, la mission de son département se résume à accompagner la profession pour qu’elle soit auto-régulée durablement comme c’est le cas pour d’autres corps de métier disposant d’un conseil d’ordre. Tout porte à croire que le débat au parlement autour du projet de loi n°15.23 portant création d’une commission provisoire pour la gestion des affaires du secteur de la presse et de l’édition ne durera pas plus que quelques jours. En tout cas, le ministre de la Communication Mehdi Bensaid y croit dur comme fer.

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