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LE DIRHAM DÉCROCHE

DÉPRÉCIATION DE 3% DE LA MONNAIE NATIONALE

Au mois de mars 2020, le dirham s’est déprécié de 9% par rapport au dollar US et 3% par rapport à l’Euro, soit en tout et pour tout 3,5% de baisse face au panier de cotation (60% Euro -40% dollar US). Néanmoins, malgré cette baisse brutale au cours du mois de mars 2020, la fluctuation du dirham reste contenue dans la bande définie, c’est-à-dire plus ou moins 5%. Ce qui ne nécessitera pas, pour l’instant, d’intervention de la part de Bank Al-Maghrib (BAM) pour soutenir la monnaie nationale. Jusqu’à quand? Toute la question est là.

En effet, le mouvement de la monnaie ces dernières semaines n’a pas manqué de surprendre beaucoup d’importateurs qui voient leur facture gonfler. Dans un autre contexte, la dépréciation du dirham combinée à la chute du prix du pétrole aurait été un facteur de compétitivité-prix pour les entreprises exportatrices et le tourisme. Mais la crise induite par la fermeture des frontières et le confinement pour cause de coronavirus exerce une pression sans précédent sur les sources de rentrée de devises, à savoir les exportations des phosphates, le tourisme, les transferts des MRE et les investissements directs étrangers (IDE). Par ailleurs, les entreprises ne profitent pas réellement de la baisse du prix du pétrole. Baisse qui ne peut durer pour longtemps vu que la pression exercée, actuellement, sur les producteurs de brut pour réduire leur production se traduira nécessairement par une remontée des prix. Résultat: bon nombre d’entreprises sont à l’arrêt et n’ont pas de visibilité sur la sortie crise.

Signalons que les autorités monétaires ont choisi de tirer sur la ligne de précaution et de liquidité de 3 milliards de dollars. Elle ira renforcer les ressources en devises. Ce qui ne peut que rassurer les opérateurs des marchés de change. Pour le moment, le marché arrive à s’autoréguler et ce d’autant plus que la position des banques est excédentaire d’un montant de plus d’un milliard de dirhams. Mais cette situation n’est pas durable. Car tout peut évoluer dans un sens ou dans un autre. Ce qu’il faut surveiller de près, c’est les flux d’importations, qui, si jamais ils fluctuent à la hausse, la baisse du dirham pourrait se rapprocher des limites de la bande de fluctuation. Situation que Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al Maghrib, a tout fait pour éviter jusqu’ici.