Les diplômes des grandes écoles mieux cotés sur le marché de l'emploi


Un enseignement de qualité, ça se paie


A quelques mois des épreuves du baccalauréat, les futurs bacheliers et leurs parents savent que décrocher le fameux diplôme ne suffit pas pour s’assurer d’un parcours académique de qualité, clé d’accès aux grandes possibilités d’embauche et aux meilleures offres de salaire.

Quelle grande école ou université choisir après le baccalauréat ? La réponse n’est souvent pas évidente pour les futurs bacheliers à la recherche d’une qualité synonyme d’une bonne réputation, d’un taux d’encadrement raisonnable et d’insertion élevée sur le marché de l’emploi. En dehors de ceux qui ont déjà les yeux rivés sur les établissements étrangers et qui se préparent actuellement à s’assurer une place dans les meilleures universités et écoles, notamment françaises et belges, il faut se battre pour décrocher une place dans les grandes écoles publiques ou privées marocaines. Si les premières exigent des notes élevées et la réussite de concours écrits et oraux très rigoureux, pour les secondes, les moyens financiers sont placés au plus haut du sommet des soucis des parents.

Des vocations enterrées
Faute de pouvoir se payer un établissement d’enseignement privé ou financer des études à l’étranger, les bacheliers issus de familles modestes se contentent, bon gré mal gré, des bancs froids des facultés des 13 universités du Royaume, surpeuplées et n’offrant que très peu et de sobres perspectives d’insertion professionnelle.

Au lieu d’être assumé, le choix devient subi et forcé. S’ensuivent des déceptions, des résignations et des vocations enterrées, source de faible rendement professionnel. Après leur sortie, les diplômés, déboussolés et mal formés par rapport aux besoins immédiats et professionnels des entreprises, sont mal préparés à devenir opérationnels.

Leurs diplômes ne constituent pas un passeport valide pour accéder à un emploi sûr et bien rémunéré. Ils subissent le plus d’entretiens d’embauche et leurs compétences sont passées au crible afin d’en dénicher les meilleurs. Ils sont souvent soumis à des formations complémentaires pour rattraper le retard ou l’insuffisance d’une formation sommaire, et se résignent souvent à accepter le sous-emploi.

Concernant les établissements (écoles et instituts) à accès régulé qui recrutent en exigeant des seuils d’admissibilité élevés, doublés d’épreuves d’admission (concours), ces seuils varient d’une année à l’autre et selon les régions, compte tenu du nombre de places disponibles, étant donné que leur capacité d’accueil est très réduite. Ce n’est pas le cas pour les lauréats des grandes écoles d’ingénieurs ou de commerce. Mais le Maroc compte à peine une dizaine de grandes écoles d’ingénieurs cotées (EHTP, INPT, EMI, ESITH…), sans oublier l’Ecole Mohammed VI de formation dans les métiers du bâtiment et des travaux publics (EMFMBTP) inaugurée en 2016 par le Roi Mohammed VI.

Pour les privilégiés d’entre eux, les étudiants choisissent l’établissement qu’ils souhaitent intégrer selon la filière qui les intéresse et qui offre les plus grandes possibilités d’embauche et les meilleures offres de salaire.

Profils sollicités
Le baromètre des meilleurs diplômes réalisé par le cabinet DIORH a mis à plat un stéréotype selon lequel l’école publique marocaine ne produit pas des profils intéressants et fortement sollicités puisque 90% des établissements figurant parmi les 15 premiers sont publics.
L’École Mohammadia d’ingénieurs (EMI) est la première au niveau des écoles d’ingénieurs, suivie de l’École Hassania des travaux publics (EHTP), l’École nationale de l’industrie minérale (devenue l’École nationale supérieure des mines de Rabat), l’École nationale supérieure d’électricité et mécanique (ENSEM) et l’École nationale des sciences appliquées (ENSA) d’Al Hoceima.

Dans le classement des meilleurs instituts supérieurs de commerce du Royaume, l’ENCG Settat s’impose devant l’ISCAE, l’ENCG de Casablanca, l’université Al Akhawayn et HEM. Quoique ce classement change d’une année à l’autre, il n’en demeure pas moins vrai que les grandes écoles sont les mieux cotées par les directeurs des ressources humaines des entreprises marocaines. Côté salaires, le cabinet de recrutement LMS ORH a établi un classement des meilleures écoles en se basant sur le critère de la rémunération. Il en ressort que les diplômés de HEC Paris, Centrale Paris, Polytechnique ont les meilleurs salaires, avec des rémunérations annuelles brutes qui avoisinent les 280.000 dirhams par an.

Le critère de la rémunération
En deuxième position arrivent les lauréats des écoles de province comme Centrale Lille, Centrale Lyon ou l’ENS Lyon, avec des rémunérations de l’ordre de 220.000 dirhams annuels bruts. Les diplômés des grandes écoles marocaines comme l’École Mohammadia des ingénieurs (EMI), École Hassania des travaux publics (EHTP) sont également bien rémunérés et arrivent même parfois à talonner les lauréats des écoles françaises de province avec également en moyenne, une rémunération de 220.000 dirhams annuels bruts.

Pour ce qui est des lauréats des écoles de commerce, ils arrivent en troisième position de ce classement avec un salaire brut annuel de 160.000 dirhams, suivis des diplômés des écoles marocaines comme l’université Al Akhawayn, l’ENCG ou l’ISCAE avec des salaires qui varient entre 100.000 et 130.000 dirhams bruts par an. Des chiffres qui donnent à réfléchir sur la supériorité accordée, à tort ou à raison, aux diplômés des universités et écoles étrangères en termes de rémunération. Un privilège qui renforce les inégalités en termes d’accès à un enseignement de qualité et à l’emploi.