Diplomatie: Rabat et Riyad poursuivent leurs consultations


Une précédente rencontre, le 29 juillet 2020, entre Nasser Bourita, ministre des 
Affaires étrangères, et Faisal bin Farhan Al Saud, son homologue saoudien

Depuis ce mardi 5 avril 2022 le Maroc et l’Arabie saoudite poursuivent à Riyad, capitale de la dernière citée, des consultations politiques en prélude à la haute commission mixte que doit accueillir au mois de juin 2022 le Royaume. De ces consultations, rien n’a vraiment filtré, mais ce qu’il faut dire est qu’elles interviennent à un moment où les relations entre les deux pays ont repris de plus belle, après quelques années de froid dû au fait que le Maroc ait refusé de prendre le parti de l’Arabie saoudite mais aussi de Bahreïn, de l’Égypte et des Émirats arabes unis contre le Qatar, accusé début juin 2017 de soutien au terrorisme.

En effet, l’Arabie saoudite est revenue à sa position d’antan conciliante envers Rabat et qui s’est notamment traduite par son soutien au niveau du conseil suprême du Conseil de coopération du Golfe (CCG), au cours de sa dernière réunion du 14 décembre 2021, à la marocanité du Sahara. On est loin, par exemple, des manœuvres menées au sein de la Fédération internationale de football association (FIFA) pour que l’organisation de la Coupe du monde de 2026 échoie au Canada, aux États-Unis et au Mexique en lieu et place du Maroc. Aussi, les dirigeants saoudiens ont apporté un appui de taille au Maroc à l’échelle de la Ligue arabe en refusant de prendre part au sommet que l’Algérie comptait organiser le 22 mars 2022 (et qu’elle compte toujours organiser le 1er novembre 2022) et surtout instrumentaliser envers et contre l’intégrité territoriale du Royaume.

A cet égard, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, s’était vu opposer une fin de non-recevoir en janvier 2022 de la part de Riyad où il avait été dépêché par son président, Abdelmadjid Tebboune, pour réitérer son invitation. On attend beaucoup, par ailleurs, des consultations maroco-saoudiennes en termes d’investissements au Maroc, dans le cadre de la feuille de route tracée à l’occasion de la tournée qu’avait effectuée en octobre 2012 le roi Mohammed VI dans le Golfe et au cours de laquelle furent promis au Royaume quelque 5 milliards de dollars, dont finalement seule une partie infime a fini par arriver dans les caisses de l’État marocain.

Enfin, il est à souligner qu’en dépit des positions hostiles tenues à un moment par l’Arabie saoudite à son encontre, le Maroc n’a jamais cessé de soutenir cette dernière au plan diplomatique et fait constamment montre de son intention de se tenir à ses côtés dans les attaques qui la visent principalement de la part des milices chiites houthies appuyées par l’Iran.