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Diplomatie: Alger enterre définitivement le Maghreb


Abdelmajid Tebboune et Said Chengriha

Le régime algérien aime à qualifier toute initiative venant du Maroc pour faire la paix avec lui de “non-événement”. On pourrait sans doute en dire autant de sa décision de ce mardi 24 août 2021 de “rompre” ses relations diplomatiques avec le Royaume. “L’histoire a montré que le royaume du Maroc n’a jamais cessé de mener des actions hostiles à l’encontre de l’Algérie,” a légitimé le ministre des Affaires étrangères de la voisine de l’Est, Ramtane Lamamra, au cours d’une conférence de presse qu’il a donnée au Club des Pins, une station balnéaire située à 25km d’Alger.

Ce que reproche l’Algérie au Maroc, c’est la soi-disant implication de ses “services” -que M. Lamamra a désigné en tant que tels- dans les feux de forêts qu’a connus au cours de ce mois d’août 2021 le pays, et ce principalement dans la région de Kabylie. Une véritable ineptie du point de vue scientifique, étant donné que c’est l’ensemble de la Méditerranée, y compris le Maroc dans la province de Chefchaouen, qui a été au cours de cet été 2021 en proie aux incendies, mais la voisine de l’Est ne recule décidément devant rien, même le ridicule. Rappelons qu’elle avait également accusé le Maroc d’être derrière le lynchage, le 11 août 2021 dans la commune de Larbaâ Nath Irathen, dans la wilaya de Tizi Ouzou, de l’activiste Djamel Bensmail -Rabat, avait-elle affirmé, avait agi par le truchement du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) et de la formation islamiste Rachad.

Sans parler de la campagne anti-marocaine que ses médias mènent depuis plusieurs mois, avec notamment l’affaire de la marionnette avec laquelle la chaîne algérienne “Echourouk News” avait voulu caricaturer le roi Mohammed VI. En cela, la prétendue rupture annoncée aujourd’hui par M. Lamamra est bel et bien un non-événement, puisque rupture il y avait en vérité déjà depuis belle lurette. À titre éloquent, plus aucun ambassadeur d’Algérie n’est depuis le 18 juillet 2021 en place à Rabat -du fait du soutien du Maroc au niveau de l’Organisation des Nations unies (ONU) au MAK, mais le régime algérien lui-même n’a depuis près de 46 ans pas froid aux yeux d’attenter par le biais de l’organisation séparatiste du Front Polisario à l'intégrité territoriale du Royaume.


Depuis plusieurs années déjà, le Maroc était seul en fait encore à prêcher l’unité maghrébine, le roi Mohammed VI ayant notamment fait à ce propos, fin mai 2014 sous la coupole de l'Assemblée nationale constituante tunisienne, un discours mémorable. Il avait dans le même sens tendu, à partir de l’allocution qu’il avait prononcé à l’occasion du 43ème anniversaire de la Marche verte du 6 novembre 2018, la main du Maroc afin de mettre en place un mécanisme de dialogue conjoint avec l’Algérie; ce que le discours du trône du 31 juillet 2021 a, sur de larges pans, réitéré.

Mais il faudra peut-être définitivement désormais oublier le Maghreb et, éventuellement, accélerer le pas pour rejoindre la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CÉDÉAO), dont les quinze pays membres ont au cours des dernières années su faire davantage preuve de fraternité qu’un pays dont la population forme, certes, avec les Marocains une seule et même communauté de destin et une seule civilisation, mais dont les dirigeants semblent, hélas, appelés à continuer de marcher contre le cours de l’histoire.

 

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