La difficile exploitation de Gara Jebilet sans le Maroc


Objet d’un accord en juin 1972 entre l’Algérie et le Maroc pour une exploitation commune, la mine de Gara Jebilet redevient au coeur des tensions entre les deux pays au vu de la rupture, de fait, de la convention par Alger par le démarrage de son exploitation. Seulement, toutes les études géologiques montrent des contraintes.

Le gisement de Gara Jebilet est situé à 130 Km au Sud Est de la ville de Tindouf, dans le Sahara oriental historiquement marocain, à 380 Km à vol d’oiseau de l’océan atlantique et à 1600 Km au sud de la côte méditerranéenne algérienne. Le gisement est facilement accessible par route à partir de la ville de Tindouf (130Km) et est également relié à Béchar par route (980 Km).

La wilaya de Béchar est à son tour connectée au nord de l’Algérie par route et chemin de fer. La topographie générale de Gara Djebilet est celle d’un immense plateau dont l’altitude varie autour de 400 à 600 m au-dessus du niveau de la mer, située légèrement au sud de la 27e parallèle. La région de Gara Djebilet fait partie des zones d’aridité extrême (40 mm de chute de pluie annuelle en moyenne) ou la période des fortes chaleurs va de juin à septembre inclus, avec des températures maximales de l’ordre de 40°. Des études et des essais ont été menés et effectuées pour évaluer la possibilité de produire de l’acier de bonne qualité et qui répond aux normes de la sidérurgie et la métallurgie de fer à partir du minerai de fer de Gara Djebilet par la filière métallurgique classique, à savoir le haut fourneau, convertisseur à oxygène ou encore la production directe et le four à arc électrique.


A partir de la première, avec ce minerai de fer, il est possible de produire de l’acier à teneur minime avec quelques aménagements techniques et des désavantages économiques telle qu’une consommation importante de charbon due à la haute teneur en alumine du minerai, nécessitant des additions massives de dolomie et de castine, ainsi qu’une faible productivité des convertisseurs à oxygène à cause du cycle d’affinage plus long. “Sans l’appui logistique du Maroc, qui a développé un savoir-faire en la matière, avec la production de 120.000 tonnes par an de produits sidérurgiques, cette exploitation est impossible”.

Des désavantages économiques
En 1970, une étude conduite par des géologues français sur le transport du minerai par chemin de fer, de Gara Jebilet vers la région du oued Macta dans le golfe d’ Arzew (Nord ouest de l’Algérie : entre Arzew et Mostaganem). Cette étude a porté sur plusieurs variantes : Un système de transport qui se situerait entièrement en territoire Algérien, allant de Gara Jebilet jusqu’à la Macta (Alternative Nord). Un autre mécanisme de transport allant de Gara Jebilet à un port de la côte atlantique marocain, et de la part de la mer à la Macta (Alternative Ouest). Et enfin un système de transport allant de la mine a un port atlantique mauritanien (Nouadhibou).

L’étude a affirmé que seul un transport via le port atlantique marocain peut mener à une exploitation rationnelle des gisements. La compagnie Ford Bacon Davis a également conduit une étude sur le transport du minerai par chemin de fer, et a examiné en plus de ces trois alternatives, une 4eme alternative ,à savoir un système de transport allant de Gara Jebilet a un port de la côte atlantique à travers la région du Sahara marocain. Seulement, les auteurs ont maintenu qu’au vu du contentieux frontalier, en plus de “l’obsession de la non-marocanité du Sahara par Alger”, rendait cette alternative, pourtant la plus faisable logistiquement, impossible.

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