Interview de Boubker Sabik, porte-parole de la DGSN, se confie à Maroc Hebdo

LIMITATION DES DÉPLACEMENTS, NOUVELLE APPLICATION NUMÉRIQUE DE CONTRÔLE, FAKE NEWS ET ESCROQUERIE...

INTERVIEW EXCLUSIVE DE BOUBKER SABIK, SUR LE DISPOSITIF DE LA SURETÉ NATIONALE POUR FAIRE RESPECTER L’ÉTAT D’URGENCE SANITAIRE.

Dans cette interview exclusive, en cette période particulière marquée par le passage au confinement total visant la limitation de la propagation du coronavirus, le Porte-parole de la Direction générale de la Sûreté nationale et de la Direction générale de la Surveillance du territoire, le commissaire divisionnaire Boubker Sabik, accompagné de Layla Ezzouine, commissaire principale chef de service central de lutte contre la criminalité liée aux nouvelles technologies rattachée à la direction de la police judiciaire, et Smail Kdidar, chef de division Etudes et Développement au sein de la direction des systèmes d’information et de la communication, parle des nouvelles mesures de limitation des déplacements en ce mois de Ramadan, de la nouvelle application numérique de contrôle, du dispositif de sécurité, des points de contrôle, des cas de fake news et d’escroquerie…

A partir du 1er Ramadan, tous les déplacements nocturnes, de 19 h à 5 h du matin, seront interdits. Qu’est-ce qui justifie une telle décision?
Ce sont les autorités publiques, représentées par le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Santé, qui ont pris cette décision pour préserver la santé des Marocains. Le rôle des services de police est de veiller sur l’application des mesures de confinement prises dans le cadre de l’urgence sanitaire. Ils sont un acteur essentiel dans l’application de ces mesures, sur un plan préventif ou dissuasif d’abord, à travers le renforcement des points de contrôle et des rondes quotidiennes puis sur le plan répressif par l’application des sanctions contre les contrevenants. Toutes les personnes qui enfreignent les dispositions réglementaires encourent des sanctions qui peuvent être des peines privatives de liberté ou des amendes. Donc, dans le milieu urbain, les officiers et agents de police judiciaire sont chargés d’interpeller et de déférer devant la justice ces personnes qui ne respectent pas la loi en vigueur pendant cette période d’état d’urgence sanitaire.

Mais pourquoi en ce moment précis? L’avènement de Ramadan y est pour quelque chose?
Chaque plan de travail sécuritaire est précédé d’un travail d’études, d’analyse et de prévision. À chaque Ramadan, les gens se déplacent fortement notamment après la rupture du jeûne, soit pour l’accomplissement des prières d’Al Ichae et Tarawih ou bien pour une autre occupation. D’ailleurs, le Conseil supérieur des oulémas a interdit la prière collective pendant Ramadan pour éviter les rassemblements, préserver la santé des Marocains et empêcher la propagation du virus.

Mais il y a eu des appels sur Facebook aux prières collectives. Cela a-t-il pesé dans une telle décision?
Si je vous dis que cette décision est une réaction à ces appels sur les réseaux sociaux, c’est comme vous dire que les politiques publiques sont basées sur des facteurs conjoncturels ou temporels. Or, c’est faux. Comme vous le savez, dès les premiers signes de l’apparition du virus au Maroc, S.M. le Roi Mohammed VI a donné ses hautes instructions pour la mobilisation des autorités afin de réussir ce défi. Les autorités publiques et les services de police ont effectué des études prévisionnelles. Pour notre part, la DGSN a réalisé des études prévisionnelles dans le domaine de la sûreté et de la sécurité ainsi que dans la lutte contre les fake news qui se propagent rapidement sur les réseaux sociaux. Ces appels au déconfinement sur le net constituent une partie des études. Nous les suivons. Beaucoup de gens ont commencé à publier des photos soi-disant prises à Tanger, montrant des attroupements de fidèles accomplissant la prière sur les toits des maisons, en période de confinement, brandissant ces slogans “Tous pour l’accomplissement des prières de cette manière”. Il s’est avéré que ce sont des fake news. Et nous avons communiqué avec l’opinion publique en expliquant que ces photos ont été prises en Egypte. Personne n’est contre la prière. Sauf qu’aujourd’hui, notre mission principale est la préservation de la santé et des vies des Marocains. Le Commandeur des croyants, S.M. le Roi Mohammed VI, a donné la priorité à la santé des Marocains.

Nous avons constaté, ces derniers jours, un relâchement des citoyens. Pourquoi et quelle a été la réaction de la DGSN?
Cette question de relâchement ou de déplacement intensifié des citoyens est à relativiser. Le ministère de la Santé a constaté que beaucoup de citoyens ont renoncé, depuis le début du confinement, à la vaccination de leurs enfants. Il a donc fait un appel aux parents pour leur dire que la vaccination des enfants est capitale et incontournable. Nous avons donc demandé à tous les services de police de faciliter la tâche à ces familles, à condition de justifier d’un carnet de santé de leurs enfants, ainsi qu’à tous les Marocains qui ont des rendez-vous avec leurs médecins ou dans les hôpitaux. Concernant les automobilistes, je vous assure qu’il n’y a pas de relâchement. Et c’est d’ailleurs pour lutter contre un éventuel relâchement que la DGSN a mis au point une application numérique de contrôle baptisée “Contrôle Covid-19”.

Comment cette application peut-elle limiter les déplacements inutiles?
Il faut savoir d’abord que cette application a été développée en interne, en seulement deux semaines, par une équipe d’ingénieurs et de techniciens de la DGSN, sous la supervision du commissaire divisionnaire Smail Kdidar, chef de division Etudes et Développement au sein de la direction des systèmes d’information et de la communication de la DGSN. Cette application a pour objectifs de donner à l’agent de police un outil informatique pour appliquer la loi relative à l’état d’urgence sanitaire et pour contrôler les déplacements sous autorisation des citoyens en lui procurant assez d’informations sur ceux-ci. Il saura si le citoyen est passé par d’autres points de contrôle et s’il a enfreint les consignes de confinement.

Comment s’assurer qu’elle ne sera pas utilisée de manière abusive?
Cette application est mobile. Des agents du service technique de la DGSN l’installent sur les smartphones des agents de police en poste sur le point de contrôle, préalablement habilités à en faire usage. Ce n’est pas n’importe quel policier qui peut installer cette application. On ne peut pas la télécharger ou la transférer non plus. Cette application a été testée dans un premier temps à Rabat puis à Temara et à Salé. Elle a donné de bons résultats. Elle a été appliquée à Casablanca à partir du 23 avril. Marrakech suivra. Et ainsi de suite jusqu’à sa généralisation. Son but est d’enrayer les déplacements anarchiques et inutiles. Son fonctionnement est simple. L’agent de police dispose, via cette application, d’une seule donnée, en l’occurrence le numéro de la carte d’identité nationale de la personne contrôlée. Le but est de voir l’itinéraire des déplacements de la personne à travers les différents points de contrôle où elle a été pointée. Il n’y donc aucune violation des données personnelles. D’ailleurs, cette application a été développée en concertation avec une équipe de la Commission nationale de protection des données à caractère personnel.

Revenons aux fake news et aux appels à enfreindre les consignes de confinement. Comment se présente la veille informatique au sein de la DGSN en cette période?
La veille informatique de la DGSN travaille sur ces sujets et soumet ses conclusions et ses constats aux décideurs. Elle est liée à la sécurité générale et au champ d’intervention de la police judiciaire. Tout ce qui se rapporte aux interventions étrangères, ce sont d’autres services qui s’en occupent. Les équipes de la commissaire principale Layla Ezzouine, cheffe du service central de la lutte contre la criminalité liée aux nouvelles technologies rattaché à la Direction de la police judiciaire. Celle-ci a mis en place un système de veille, sachant que l’avènement d’une pandémie, d’un fléau ou d’une crise sécuritaire est toujours accompagné de fake news. Les équipes de la commissaire principale Layla Ezzouine travaillent sur la cybercriminalité, l’escroquerie, les extorsions, l’incitation contre les personnes et les biens, l’incitation à la violation des consignes de confinement… mais aussi sur la veille sur internet 24h/24, 7j/7.

Justement, relativement aux faits de violation des consignes de confinement relevés dans plusieurs villes et notamment à Tétouan et Tanger, avez-vous détecté ces incitations très tôt?
Nous avons détecté ces incitations en temps réel. C’était au début du confinement, il y avait des précipitations, et des gens voulaient appeler au “latif”. Alors ils ont investi la rue. La riposte des forces de l’ordre a été instantanée et ferme. Les instigateurs, deux à Tanger, trois à Tétouan et cinq à Fès, ont été déférés devant la justice. Puis, tout est rentré dans l’ordre. Les instigateurs sont des personnes lambda. Ils ne sont ni Imams ni extrémistes. Mais la loi est claire dans ce sens. Car ils ont exposé leur vie et celle des autres au danger.

Quels autres phénomènes avez-vous décelé lors de votre veille informatique en cette période de confinement?
Beaucoup de personnes considèrent les fake news comme un jeu ou une manière de se distraire. Or, ces fake news occupent une place importante dans le plan de travail de la DGSN. Il y avait, par exemple, des fausses informations qui appellent à faire attention contre des voleurs qui se passent pour des médecins et infirmiers portant des masques et des blouses blanches. Dans la forme, elle apparait comme une rumeur qu’il suffit juste de démentir. Or, quand elle circule et se partage, elle fait ses effets néfastes, dans ce sens où les Marocains n’auront plus confiance dans les éléments de la Protection civile et les responsables du ministère de la Santé. Autrement dit, si quelqu’un a le coronavirus ou a des doutes d’être porteur du coronavirus, il ne va pas informer les autorités sanitaires. Et même s’il le fait, il va refuser d’ouvrir la porte à l’équipe d’intervention spéciale Covid-19.

Ce qui va se passer, c’est que des foyers de contamination vont être créés au sein des familles et des usines. Vous réalisez maintenant la dangerosité d’une telle fausse information. Une autre fake news a parlé du déploiement des militaires qui vont prendre la place de la police dans la ville de Marrakech, avec des mesures de fermeture des magasins de distribution et interdiction de circulation. Sur le plan juridique, cela veut dire qu’on dit au peuple marocain que l’ordre public s’est effondré. Les enjeux d’une fake news de ce genre sont périlleux. Car on dit aux Marocains qu’il n’y aurait plus de nourriture, de médicaments… La conséquence directe est que tout le monde va s’approvisionner en même temps et en masse dans les marchés, les supermarchés, les pharmacies… Celui qui voulait acheter une boîte d’aspirine va prendre 20 boîtes à la fois. La rumeur et la manière dont elle est enrobée finit par mener en bateau presque toute la population. Dans les cas de crises, le citoyen est assoiffé d’informations. Et dans le flux d’informations qui lui parviennent s’infiltrent souvent deux ou trois fake news qui le poussent à y croire sans vérification. Ceci dit, je précise que pour la quasi-totalité des gens qui ont véhiculé ces fake-news, c’était un divertissement. Il y en a qui ne pensaient pas que leurs fake news allaient avoir l’effet de boule de neige qu’elles ont fait.

Quel impact ces fake news ont-elles sur le sentiment de sécurité des citoyens?
Je vous donne deux exemples concrets. Il y a eu une photo accompagnée d’un commentaire de ce genre: “Si vous voulez récupérer vos aides financières (qui concernent les ramedistes, les employés des entreprises sinistrées déclarés à la CNSS…), ne sortez pas seuls. Il y a des agressions partout. Voici ce qui s’est passé dans telle ou telle ville”. En vérité, la photo qui circulait sur Facebook et les autres réseaux sociaux a été prise au Mexique. Et quand on demande aux gens de sortir accompagnés, on leur signifie qu’il va falloir enfreindre les consignes de confinement. Celui qui a publié cette fake news est originaire d’El Jadida. Il a été arrêté. D’autres individus dans d’autres villes ont été aussi interpellés pour avoir véhiculé la même photo.

Une autre photo avec ce commentaire “Regardez ces attroupements des gens devant les guichets bancaires pour retirer les aides financières. Les mesures de sécurité ne sont pas appliquées. Pourquoi ces aides financières ont été octroyées alors que les mesures d’accompagnement n’ont pas été mises en place?”, s’est répandue comme une trainée de poudre. Après vérification, il s’est avéré que la photo est bien réelle mais elle a été prise en Tunisie.

Combien de diffuseurs de fake news ont été alors interpellés?
Depuis le début du confinement et jusqu’au 23 avril 2020, 127 personnes ont été interpellées pour diffusion de fake news. En dehors bien entendu de ceux qui ont été arrêtés avant la déclaration de l’état d’urgence sanitaire comme ce Meknassi qui portait un masque et qui disait qu’il avait fui l’hôpital où d’innombrables cas de personnes atteintes du coronavirus ont été décelés. Il y a eu aussi la fausse vidéo de soi-disant personnes malades allongées à même le sol. Pour ce genre de fake news, aux yeux de la loi, la personne interpellée sera poursuivie pour diffusion de fake news mais aussi pour d’autres délits comme la publication de photos de personnes sans leur consentement. Elle commet plusieurs délits à la fois. Les gens pensent qu’un post sur Facebook ou la publication d’une vidéo truquée est un jeu d’enfant sans conséquences. Ils se retrouvent après poursuivis pour plusieurs délits: diffamation, injures, diffusion de fake news… On a eu affaire à une directrice d’une agence de microcrédit à Marrakech qui a publié un audio où elle dit que la ville a été investie par les militaires et qu’il y avait des morts… Quand on l’a interrogée, elle a rétorqué qu’elle a été surprise qu’il a suffi de 15 minutes pour que son audio fasse le tour du monde.

Peut-on avoir une idée sur le profil des personnes arrêtées?
Il y a eu 127 personnes arrêtées pour diffusion de fake news, dont 92 hommes, soit 72% de la totalité. Par rapport à la tranche d’âge, 38% ont entre 20 et 29 ans et 33% sont âgés entre 30 et 39 ans. Donc 71% appartiennent à cette tranche d’âge de 20 à 39 ans, soit la population la plus active sur les réseaux sociaux. Concernant la catégorie socioprofessionnelle, 58% exercent des petits métiers (marchands ambulants, ouvriers, journaliers…) ou sont sans profession. Ils sont suivis des élèves et des étudiants (24%). Pour le reste, ce sont des minorités. Nous avons des cas isolés d’un médecin, d’un enseignant, d’un cadre, d’un infirmier… Par rapport à la ventilation de ces cas par ville, les auteurs de ces publications sont établis dans différents régions du Maroc. Le phénomène ne touche pas spécifiquement une région donnée (Tanger 9 cas, Settat 7 cas, 6 à Rabat, Fès, 4 à Tétouan, El Jadida et Casablanca…). Il n’y a pas un profil type. Souvent, l’auteur trouve l’information et la partage sans trop réfléchir.

Est-ce que vous faites de la veille informatique anticipative?
Nous avons relevé, depuis le début de cette période de confinement, l’émergence de crimes économiques et financiers telles l’escroquerie via le net ou l’escroquerie matérielle. Notre service central, rattaché à la direction de la police judiciaire, fait de la veille informatique sur internet 24h/24 pour détecter des personnes qui font de l’escroquerie en vendant des faux produits ou des produits falsifiés. Grâce au travail accompli par les équipes de la commissaire principale Layla Ezzouine, nous avons publié une série de tweets sur le Twitter de la DGSN et un numéro spécial de Police magazine sur l’escroquerie sur internet en mettant l’accent sur la vente illicite de beaucoup de produits, dont les gels de désinfection et les masques non conformes aux normes. Toutes les annonces de vente louches sur internet, provenant de comptes personnels, sont sujettes à vérification. Car cela peut constituer un danger pour la santé des gens. Notre objectif est de détecter les contenus illicites de manière anticipative. Nous ne faisons pas de la surveillance des individus ou des internautes. Ce service central a détecté une personne en train de vendre un gel de désinfection qui serait produit par une société basée à Mohammedia. Après vérification, il a été relevé que la société en question ne produit pas de désinfectants. Il en a informé les services concernés à Mohammedia et à Bernoussi (Casablanca), et après enquête, ces derniers ont pu arrêter la personne en question en état de flagrant délit, avec 5.000 boîtes en sa possession. Il fabriquait ce gel désinfectant dans un hangar clandestin au quartier Moulay Rachid, à Casablanca.

Y a-t-il d’autres formes d’escroquerie qui caractérisent cette période de confinement?
A Marrakech, la SPPJ de Marrakech, en concertation avec la police judiciaire de Ben Ahmed, a pu mettre hors d’état de nuire un individu qui se passait pour un Caïd qui veut venir en aide aux personnes nécessiteuses et qui a pu collecter une grande somme d’argent auprès de pharmaciens d’officine. Un autre individu a utilisé le même modus operandi sur Facebook. Il se servait d’un cachet falsifié et d’une carte de visite le présentant comme responsable d’une organisation de scoutisme marocain et gérant d’un organisme d’oeuvres sociales. Il a demandé et réussi à subtiliser de l’argent à 52 sociétés, basées entre Mohammedia et Casablanca, en les convaincant qu’il en fera profiter des personnes atteintes du coronavirus. Vu l’anticipation du service central et la communication quotidienne de la DGSN (via la MAP, la Télé, les radios, les comptes Facebook et Twitter de la DGSN…) autour de ces cas, les gens ont acquis une immunité contre ces formes d’escroquerie. Depuis l’affaire du faux Caïd de Marrakech, en deux semaines, nous n’avons enregistré aucune nouvelle affaire de ce genre.

Avez-vous arrêté des personnes vendant certains produits largement utilisés en cette période?
Nous avons publié le 23 avril 2020 un communiqué faisant état de l’arrestation de 96 personnes qui ont été déférées devant la justice pour, dans l’écrasante majorité des cas, confection, production ou de vente de masques non conformes aux normes, dans 15 villes marocaines. Il y avait des exceptions qui ont été enregistrées avant l’état d’urgence sanitaire au moment où la pénurie de masques a été constatée partout en Europe. Il y avait un ressortissant anglais d’origine indienne qui s’apprêtait à exporter de manière illicite 16.000 masques médicaux FPP2 vers l’Angleterre, le 22 février. Puis, le 4 mars, à Tanger, nous avons saisi chez un autre ressortissant étranger 107.000 masques FPP2, achetés au Maroc et destinés à être commercialisés en Europe.

Qu’en est-il des personnes interpellées pour non-respect des consignes de confinement? Quelles infractions ontelles commises précisément?
A ce jour, 61.129 personnes ont été interpellées dans toutes les villes, dont 32.725 ont été placées en garde à vue puis déférées devant la justice pour violation du décret- loi encadrant l’état d’urgence sanitaire. La plupart des personnes arrêtées n’avaient pas une autorisation qui justifie leur déplacement. D’autres ont été interpellées pour refus d’obtempérer à une sommation de s’arrêter ou de présenter les papiers administratifs, émanant d’un agent de police. Il y en a qui font du transport clandestin entre les villes. Pire, à Safi, on a trouvé même des ambulanciers privés qui transportaient clandestinement des personnes vers d’autres villes en contrepartie de 2.000 dirhams par personne. D’aucuns incitaient les citoyens à ne pas respecter les consignes de confinement, comme Abou Naïm ou Mi Naïma. En tout état de cause, le confinement a débuté le 20 mars. Et ce qu’il faut savoir, c’est que, ce jour-là, il y a eu une note invitant les agents de police à faire plus de sensibilisation et de communication. Mais à partir du 21 mars, les arrestations ont commencé.

Est-ce que c’est juste une impression que l’on a que dans certaines villes, il y a eu plus d’arrestations?
Quand on voit qu’il y a eu 8.309 arrestations dans la wilaya de Casablanca, qui compte 13 districts, en plus de Mohammedia, Mediouna, Tit Mellil, et si on dispatche sur tout le territoire, on va constater qu’il y a eu 400 arrestations par jour dans chaque commandement. Ce n’est donc pas beaucoup ou inquiétant. Au contraire. Les Marocains ont généralement bien respecté les consignes de confinement. C’est dire aussi que les communiqués que nous publions ont un enjeu dissuasif et non répressif.

Quel est le dispositif sécuritaire déployé par la DGSN pour faire respecter l’état d’urgence sanitaire?
La DGSN compte 70.000 policiers. Si on retranche ceux qui travaillent dans les représentations diplomatiques et consulaires, il reste 60.000 policiers qui sont intégralement déployés à travers le territoire national. Et le jour de la décision de la fermeture des frontières et de l’annonce de l’état d’urgence sanitaire, tous les policiers des postes frontières, des groupes de voyages officiels et des centres d’enregistrement des données identitaires et des services de contrôle des étrangers ont été appelés à venir en renfort à leurs collègues des préfectures de police. L’objectif est de renforcer le dispositif pour faire appliquer les consignes de confinement mais aussi pour sécuriser les personnes et les biens de ceux à qui on a demandé de fermer leur boutique ou leur restaurant, en renforçant le nombre des rondes.

Combien y a-t-il de points de contrôle sur le territoire national?
Chaque préfet de police a la prérogative d’adapter son plan d’action propre à sa ville, en installant les points de contrôle qu’il estime suffisants au niveau des intersections les plus pratiquées, des quartiers surpeuplés ou bien des sites sensibles (hôpitaux…). Ce ne sont pas des points fixes mais bien mobiles. Chaque préfet peut dresser, par exemple, trois points de contrôle dans le même quartier aujourd’hui et les déplacer demain en fonction du trafic. Ce que nous avons relevé, c’est que les citoyens, dans leur écrasante majorité, respectent les mesures de sécurité et les consignes de confinement. Les cas de non-respect des consignes sont rares.

Nous avons constaté que le taux de criminalité a baissé en général. Mais qu’en est-il du trafic de stupéfiants?
En effet, il y a eu globalement une baisse du taux de criminalité et du trafic des drogues. Cela n’a pas empêché la saisie de grosses quantités de chira à Guergarat et à Assila et au port de Tanger Med, de psychotropes à Tanger et à Fès...


1 commentaire

  • Kertoubi. Bachir

    28 Avril 2020

    Le travail que l'état marocain fait est irréprochable, ça me fait plaisir de voir que notre roi agit en fonction des vies humaines. Bravo pour votre travail

Laisser un commentaire

X

Télécharger le magazine Maroc Hebdo

Télécharger