La Dexaméthasone, meilleure que l'Hydroxychloroquine?

NOUVEAU MÉDICAMENT CONTRE LE COVID-19

Pour traiter le Covid-19, des essais menés depuis mars par l’Université d’Oxford défendent l’utilisation de la dexaméthasone, un anti-inflammatoire qui, surtout, est deux fois moins cher au Maroc que l’hydroxychloroquine.

Et s’il y avait meilleur et moins cher que l’hydroxychloroquine pour traiter le Covid-19? L’Université d’Oxford assure que cela existe, et ce ne serait autre que la dexaméthasone, un anti-inflammatoire que l’on trouve par exemple au Maroc pour le prix modique de 20 dirhams la boîte de 20 comprimés -environ deux fois moins cher que l’hydroxychloroquine.

L’institution britannique, qui mène depuis le mois de mars des essais cliniques dans 175 hôpitaux du Royaume-Uni dans le cadre de son initiative Recovery, a ainsi découvert que chez les patients qui en étaient arrivés au point d’être ventilés et ceux qui ont été uniquement oxygénés, le taux de mortalité a été respectivement d’un tiers et d’un cinquième moindre. De fait, un patient sur huit ventilés et un sur vingt-cinq oxygénés pourraient éviter la mort s’ils se voient administrer de la dexaméthasone. “La dexaméthasone est le premier médicament dont il a été montré qu’il améliore la survie dans le Covid-19. C’est un résultat extrêmement bienvenu.

Le bénéfice de survie est clair et grand chez les patients qui sont suffisamment malades pour nécessiter un traitement à l’oxygène, de sorte que la dexaméthasone devrait désormais devenir la norme de soins chez ces patients. La dexaméthasone est peu coûteuse, en vente libre et peut être utilisée immédiatement pour sauver des vies dans le monde entier,” a, à cet égard, déclaré Pr Peter Horby, qui, au titre de son statut de professeur de maladies infectieuses émergentes au département de médecine de Nuffield de l’Université d’Oxford, est un des investigateurs en chef de Recovery.

Qui croire?
Suivant la publication de l’étude sur la dexaméthasone, le gouvernement britannique a, ainsi, le jour même, annoncé son adoption dans ses protocoles de soin, et d’autres pays devraient également suivre.

Sauf que pour les promoteurs de l’hydroxychloroquine, la dexaméthasone serait loin de tenir la dragée haute: sur Twitter, l’infectiologue et microbiologiste français Didier Raoult s’est même dit “choqué” eu égard à ce qu’il a qualifié de “taux de mortalité monstrueux” enregistré dans le cadre de l’initiative Recovery, en comparant ses chiffres aux siens, obtenus ces trois derniers mois à l’Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille, IHU Méditerranée Infection, dont il est le directeur. Mais il faut dire que l’Université d’Oxford a elle-même mis le feu aux poudres en soulignant dans son communiqué avoir stoppé les tests basés sur l’hydroxychloroquine “en raison de son manque d’efficacité”. Qui croire?

En tout cas, au Maroc, le choix semble avoir été fait en faveur de l’hydroxychloroquine, que le Royaume a même envoyée à quinze pays africains ce 14 juin pour les aider à lutter contre le Covid-19. Le ministère de la Santé, qui l’avait introduite dans les protocoles de soin nationaux le 23 mars, avait maintenu son utilisation contre vents et marée, même suite à l’étude controversée de la revue britannique The Lancet qui avait postulé que la molécule antipaludéenne était trois fois plus mortelle quand elle était utilisée que quand elle ne l’était pas, avant qu’il ne s’avère que les données utilisées avaient finalement été inventées de toutes pièces par les auteurs de l’étude.