Développer les investissements, la doctrine Mohammed VI


S.M le Roi lance le programme de valorisation des activités
économiques dans la Médina de Fès.


Considéré comme l’un des chantiers les plus stratégiques du règne du Roi Mohammed VI, l’investissement a connu au Maroc un bond inédit durant les deux dernières decennies. Et malgré la crise sanitaire et les tensions géopolitiques, le royaume continue de drainer les IDE et d’intensifier son investissement public.

Depuis son arrivée sur le Trône alaouite, le Roi Mohammed VI avait pour principal objectif de faire du Maroc un point stratégique dans la carte du monde financier. Le 18 octobre 2022, le Roi Mohammed VI préside un conseil des ministres dont l’ordre du jour est éminemment économique. Le stock des IDE est ainsi passé de 10 milliards de dollars, en 2000, à 73 milliards de dollars, en 2021, soit une croissance annuelle moyenne de 10 %. Seulement, deux facteurs majeurs sont venus déstabiliser cette dynamique: la crise sanitaire entre 2020 et 2022, ainsi que la guerre en Ukraine à partir de février 2022. Dans ce contexte, la relance de l’économie nationale est devenue une urgence. Le 18 octobre 2022, le Souverain préside un conseil des ministres dont l’objectif principal est de dépasser ces difficultés.

L’ordre du jour comprenait en effet la mise en oeuvre de la nouvelle charte d’investissement et l’exécution des engagements inscrits dans le cadre des projets de l’investissement industriel. Il a également donné ses instruction pour l’opérationnalisation du Fonds Mohammed VI pour l’investissement. Ce dernier représente d’ailleurs est l’un des piliers essentiels du plan de relance annoncé par le Roi Mohammed VI en juillet 2020. Il est doté d’un capital initial de 15 milliards de dirhams provenant du budget de l’État et a pour objectif d’attirer jusqu’à 30 milliards de dirhams de capitaux additionnels privés permettant à terme de générer une enveloppe d’investissements total de 120 à 150 milliards de dirhams.

Croissance inclusive
“Au-delà de la question de levée de fonds pure, l’objectif du Souverain est avant tout de produire un cercle vertueux en terme de réinvestissement”, nous indique une source au sein de l’Agence marocaine de développement de l’investissement et de l’exportation (AMDIE). En effet, l’essor financier “ne devrait pas cacher certaines aberrances, en l’occurrence celle de la faiblesse des montants réinvestis par ces entreprises”, explique-t-on. L’un des critères pertinents qui permet de juger la pérennité des IDE dans un pays est le réinvestissement de leurs revenus issus d’un premier investissement. Dans le cas marocain, la lecture des données sur les revenus des IDE révèle que les investisseurs directs sont moins enclins à réinvestir les bénéfices collectés et préfèrent cependant rapatrier leurs dividendes. Ceux-ci représentent, en effet, une part moyenne de 75 % durant ces deux dernières décennies. De l’autre côté, bien qu’elle ait enregistré une forte croissance entre 2005 et 2021, la part des bénéfices réinvestis demeure faible et ne dépasse pas 20 %, bien en dessous des moyennes observées ailleurs dans le monde, présentant ainsi un manque à gagner pour l’économie marocaine.


Et c’est dans cette optique que le Fonds Mohammed VI veut servir de catalyseur afin de garder les moyens de production au Maroc, et ce par le soutien aux infrastructures. Raison pour laquelle, le 13 juin 2023, le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement et la Société financière internationale (IFC) ont signé un partenariat en vue d’identifier et de financer des projets d’infrastructures durables au Maroc. Dans le cadre de cet accord, IFC et le Fonds Souverain identifieront des projets d’infrastructure à fort impact dans des secteurs stratégiques au Maroc. Ils travailleront en étroite collaboration avec les parties prenantes pour les structurer en projets viables, respectant les meilleurs standards environnementaux, sociaux et de gouvernance pour mobiliser les capitaux privés et stimuler une croissance inclusive et durable. IFC appuiera également la mise en place d’un sous-fonds Infrastructure du Fonds Mohammed VI pour l’Investissement ouvert aux partenaires marocains et internationaux, en partageant les meilleures pratiques en matière de structuration, de gouvernance et de financement de projets d’infrastructures responsables.

Un Roi bâtisseur
Depuis son accession au trône, le Roi Mohammed VI a fait des infrastructures sa priorité en terme de politique économique. D’une part, des efforts ont été accomplis pour développer les équipements de base, tels que l’accès à l’eau et à l’électricité ou encore la densification du réseau routier sur l’ensemble du territoire et, d’autre part, ce sont plusieurs chantiers spectaculaires qui ont été lancés pour faire du Maroc une place forte du continent, à l’interface de l’Europe. Au premier rang de ces chantiers, le port de Tanger Med est un projet gigantesque, lancé en 2007, qui a nécessité 78 milliards de dirhams d’investissement public et privé. Grâce à Tanger Med, le Maroc a intégré depuis plusieurs années le top 20 mondial de la connectivité logistique, selon le classement annuel de la CNUCED.

De même, selon le Financial Times, Tanger Med et ses 750 entreprises en activité forment la première zone franche industrielle en Afrique. Mise à niveau des ports et aéroports. Le réseau routier a également connu un important renforcement depuis plusieurs années. Il totalise aujourd’hui 57 334 km. Les autoroutes, qui s’étendent actuellement 1 800 km, jouent un rôle clé dans le développement du pays. Ainsi, actuellement, 60 % de la population est directement reliée à ce réseau et 85 % réside à moins d’une heure d’une autoroute. De même, toutes les villes de plus de 400 000 habitants sont rattachées au réseau autoroutier et de nouveaux tronçons sont régulièrement mis en service par Autoroutes du Maroc (ADM).

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