Le développement est l'affaire de tous

Le développement dépendra de la manière de conduire le changement.

C’est maintenant chose faite. La Commission Spéciale sur le Modèle de Développement a remis son rapport général lors d’une cérémonie présidée par S.M. le Roi Mohammed VI. Ses membres ne demandent ni plus ni moins que de libérer les énergies et restaurer la confiance pour accélérer la marche vers le progrès et la prospérité pour tous. Le Maroc de demain, nécessite d’actionner les leviers de changements pour parvenir à des lendemains meilleurs.

Lendemains où nos enfants se réveilleront pour trouver en 2035, un Maroc démocratique, «où toutes et tous sont en pleine capacité de prendre en main leur devenir et de libérer leur potentiel, de vivre en dignité au sein d’une société ouverte, diverse, juste et équitable». «Un pays créateur de valeur, qui fructifie ses potentialités de manière durable, partagée et responsable».

Un Royaume «capitalisant sur ses progrès significatifs à l’échelle nationale», et s’érigeant en «puissance régionale exemplaire, à l’avant-garde des grands défis qui interpellent le monde.» Cette ambition n’intègre pas seulement des partis-pris qui projettent le Maroc dans l’avenir, mais, surtout, l’humain et le citoyen en son centre et valorise la mobilisation de tous pour porter le projet collectif au service du développement de la Nation.

L’atteinte de cette ambition de développement exige de relever simultanément pas moins de cinq objectifs de développement interdépendants et complémentaires, que sont la prospérité, la capacitation (empowerment), l’inclusion, la durabilité, et le leadership régional dans des domaines ciblés, à travers des paris d’avenir audacieux.

Pour être pleinement réalisés, ces objectifs doivent nécessairement impliquer l’engagement de tous. Or, pour rendre cet engagement réellement effectif, tout doit passer par «l’appropriation» qu’en feront les citoyens, mais aussi par la diligence des décideurs. Citoyens et décideurs qui ont intérêt au changement, car ceux qui n’y ont pas intérêt vont tout faire pour mettre les bâtons dans les roues dans le fonctionnement non seulement du système politique mais aussi du système économique et social.

Le clientélisme, l’économie de rente, les lenteurs bureaucratiques, les passe-droits, la corruption, la non- prise des initiatives par des majorités politiques, souvent hétérogènes, sont des maux qui ont la peau dure. Se débarrasser de ces fléaux risque de prendre encore du temps. Dans un pays où domine la culture de la facilité et du moindre effort, les phénomènes d’inertie vont aller à l’encontre du développement.

Tout un processus multidimensionnel qui ne se limite pas à l’amélioration de ces quelques indicateurs quantitatifs que sont les taux de croissance du PIB par habitant ou les fameux équilibres macro-économiques , mais qui exige la mise en oeuvre d’ une vision dans un climat de transparence, d’application de la loi et rien que la loi et de reddition des comptes, etc. Et ceci à tous les niveaux de responsabilité. Le développement ne peut se faire que dans l’égalité des droits et pour la dignité du citoyen. Le développement est l’affaire de tous.