Une deuxième vague de licenciements se profile

LOCATION DE VOITURES

Le secteur touristique traverse une zone de turbulences. Plusieurs opérateurs et employés crient leur désarroi, notamment ceux de secteurs «oubliés» du contrat-programme signé entre la CNT et le ministère de tutelle.

Le secteur touristique va mal. Si plusieurs opérateurs touristiques marocains traversent des moments très difficiles actuellement, ce sont les travailleurs et employés du secteur qui sont le plus durement impactés. L’Etat a signé un contrat-programme avec les professionnels du secteur et des indemnités seront versées à certains employés licenciés, mais cela reste insuffisant. De même, le retard de l’application de plusieurs mesures de soutien ne fait qu’aggraver la situation de centaines de milliers d’employés qui ont perdu, du jour au lendemain, leur emploi.

Le secteur de la location de voitures en est l’exemple. «Sur les 20.000 emplois directs du secteur, plus de 7.000 se sont retrouvés à la rue à cause de la crise. 60% des agences de location de voitures sont aujourd’hui en cessation de paiement. A cause des trois derniers mois d’impayés, plusieurs saisies sont opérées actuellement. On s’attend à un licenciement supplémentaire de 7.000 à 10.000 employés les prochains mois. Seulement 5% des entreprises survivront à la crise. D’ici 2021, beaucoup parmi ces rescapés déposeront le bilan», nous déclare, avec amertume, Tarik Dbilij, ex-président de l’Association des entreprises de location d’automobile sans chauffeurs au Maroc (Alascam).

De ce fait, des izaines de milliers de familles se retrouveront en situation de vulnérabilité et de pauvreté. Quel sera leur sort? Qu’a prévu l’Etat pour leur venir en aide? Même si ce secteur est considéré un maillon important de la chaîne touristique, il ne pourra pas bénéficier des aides comprises dans le contrat-programme signé entre la Confédération nationale du tourisme (CNT) et le ministère de tutelle. Ceci alors que l’Alascam figurait dans la version préliminaire de ce contrat-programme. Pourquoi alors l’exclure à la dernière minute?

«Je ne comprends pas comment nous avons été exclus et pourquoi. Il s’agit d’une véritable aberration. Nous disposons de deux sièges au sein de la CNT et nous importons de la devise, à raison de 70% de notre chiffre d’affaires», s’alarme Dbilij. En parallèle, «les banques et les assurances ne veulent pas jouer le jeu et nous soutenir. Elles imposent le paiement de crédits, alors que nous n’utilisons que 5% de notre parc. Ils ont commencé la saisie des voitures, et les cas de faillites ne cessent d’augmenter», selon Dbilij.

Toutefois, plusieurs opérateurs touristiques se sont dits satisfaits de la quasi-ouverture des frontières, présageant une reprise de l’activité touristique. De la poudre aux yeux, lance notre interlocuteur. «Il ne s’agit pas d’une ouverture des frontières mais d’une autorisation spéciale dans le cadre de vols spéciaux. Des vols qui ne sont opérés que par Royal Air Maroc, Air Arabia et Air France à des prix extrêmement chers.

Notre clientèle, notamment les MRE, voyagent souvent en low-cost et ne peuvent pas se permettre ces tarifs exorbitants», s’indigne Dbilij. Comme la location de voitures, plusieurs autres secteurs se trouvent dans ce même cas de figure, ceci sans parler du secteur informel. Une véritable bombe à retardement sociale se profile, si l’Etat, les banques et le patronat ne soutiennent pas ces citoyens devenus malgré eux pauvres.


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