Dette: Vers une nouvelle sortie à l'international du Maroc?

Dix-huit mois après avoir levé 1,75 milliard de dollars sur les marchés financiers internationaux, le Maroc s’apprête à effectuer une nouvelle sortie à l’avenant. Le wali de Bank Al-Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri, l’a révélé au cours du point presse qu’il a donné ce 21 juin 2022 dans la ville de Rabat. Objectif: boucler le budget annuel de l’État, qui accuse un besoin de financement de 40 milliards de dirhams (MMDH). M. Jouahri espère cette fois que le Maroc pourra récupérer jusqu’à 25 MMDH, tandis que le reste devrait provenir des institutions multilatérales de développement. “Des discussions entre le Trésor et les banques conseils sont déjà engagées pour tâter le terrain auprès des investisseurs internationaux, évaluer les conditions de prêts sur les marchés mondiaux et voir comment évolue la prime de risque du Maroc dans les conditions actuelles,” a-t-il indiqué.

Il n’en reste pas moins que de nombreuses questions se posent chez les observateurs, qui voient bien que de nouveaux emprunts ne seront pas de nature à réduire le ratio de la dette publique vis-à-vis du produit intérieur brut (PIB), qui d’ores et déjà dépasse les 100%. Et cette dette est d’autant plus majoritairement financée par des devises étrangères, ce qui rend son financement d’autant plus problématique.

Par ailleurs, l’impact ne saurait qu’être fort quant au taux d’intérêt auxquels serait contractée la nouvelle dette, étant donné que des indicateurs comme l’endettement jouent un rôle majeur dans la détermination de leur montant exact. Avec, en plus, pour finir, l’augmentation des taux d’intérêt par les principales banques centrales du monde afin de faire baisser l’inflation, mais non sans que cela ne finisse par se ressentir sur les contrats passés au titre des crédits nouvellement contractés. Si les conditions ne sont pas favorables, le Maroc pourrait finalement tout aussi bien tirer sur la ligne de précaution et de liquidité (LPL) dont il dispose auprès du Fonds monétaire international (FMI) et dans laquelle il avait déjà puisé en avril 2020 pour maintenir ses réserves à flot, avant de procéder à son remboursement dès qu’il fut évident que le Royaume continuait de disposer d’assez de changes sous la main.

Le revers de la médaille est que celle-ci rend l’État marocain encore plus dépendant aux institutions financières internationales et à leur agenda politique qui n’est pas nécessairement cohérent avec celui des décideurs locaux.