Répression, détournement… L’Europe presse le pouvoir algérien

LA PROPAGANDE ALGÉRIENNE CONTRE LE MAROC BAT SON PLEIN

De mauvaise foi, le pouvoir algérien joue la bonne foi pour faire accroire à une main tendue à son voisin le Maroc, au moment où les institutions européennes enquêtent et prennent des résolutions attestant la répression violente des manifestants algériens et le détournement par l’Algérie et le Polisario des aides humanitaires destinées à Tindouf.

Contesté depuis le 12 décembre 2019 (date de son élection) à ce jour, le chef d’Etat algérien, Abdelmajid Tebboune, sait gré envers ceux qui l’ont porté au pouvoir. Il se démène pour maintenir les privilèges de l’armée et assurer l’impunité de ses fidèles et limiter, autant que faire se peut, l’ampleur de la révolution populaire née il y a 18 mois, ayant provoqué le départ de Bouteflika.

Il est même très reconnaissant, à telle enseigne qu’il assume bien et sans complexe sa schizophrénie, ses propos contradictoires au gré de la température des réactions extérieures à la répression dans son pays. Voix autorisée de l’establishment militaire, Abdelmajid Tebboune joue à l’apaisement avec la France et le Maroc et affiche une bonne foi drapée d’hypocrisie politique inégalée, suite à des critiques acerbes et récurrentes notamment venant de l’Union européenne au sujet de la répression violente et meurtrière dont sont victimes la population kabyle en particulier, les manifestants et les journalistes algériens.

Dans une interview diffusée dans le soir du samedi 4 juillet, par France24, Abdelmadjid Tebboune, dont le pays a célébré dimanche 5 juillet le 58e anniversaire de son indépendance, a, en plus de la situation intérieure difficile de son pays (le mouvement du Hirak, chute des prix du pétrole, pandémie de Covid-19 meurtrière...), abordé les relations extérieures d’Alger avec la Libye, la France et le Maroc. S’il a reconnu qu’avec la France les relations ont été très compliquées, passionnelles et passionnées à cause d’un lourd héritage mémoriel, au contraire, avec «nos frères marocains, nous n’avons aucun problème. Non. Aucun problème. Et je le dis de la manière la plus officielle: nous n’avons aucun problème avec nos frères marocains», a-t-il déclaré.

Discours manipulateur
Avant de changer de discours: «On est allé à l’insulte verbale, on nous prête des intentions. Chaque fait interne algérien est analysé à travers le prisme d’arrière-pensées. Nous n’avons aucune arrière-pensée. Nous n’avons aucun problème avec le peuple marocain, ni avec le roi du Maroc … Jusqu’à présent l’escalade était verbale mais nous constatons que nos frères marocains passent à une autre forme d’escalade». C’est l’incarnation même de la manipulation dans le discours politique. Hélas, l’histoire est lancinante et sans pitié pour tous ceux qui croient que les autres sont amnésiques ou crédules.

Si M. Tebboune joue la bonne foi, il doit oublier que depuis son élection le 12 décembre 2019 à ce jour, il n’a eu de cesse de s’attaquer au Maroc et à son intégrité territoriale. Sur ses dix déclarations officielles, six l’ont été sur le Maroc.

Il a, sans vergogne, appelé, le 4 mai 2020, lors du Sommet virtuel des chefs d’Etat non-alignés, à la «cessation des hostilités du Maroc» et a exprimé son «inquiétude» face à la «situation d’occupation» dans deux régions du monde, en Palestine et au Sahara occidental, nous confie une source autorisée au ministère des Affaires étrangères. Quoique le pays vit une crise économique sans précédent, il n’a pas lésiné sur les moyens pour faire pression sur le Secrétaire général des Nations-Unies afin qu’il nomme un nouvel Envoyé spécial au Sahara qui donnerait de la visibilité à sa création et à son «protégé», le Polisario.

On ne peut cacher le soleil d’été par un tamis quand on sait qu’en octobre 2019, l’Etat algérien a contesté, seul, l’annonce par plusieurs pays africains de l’ouverture de représentations consulaires à Laâyoune et à Dakhla. Et comme le destin est imprévisible, la résolution du Conseil de sécurité est venue mettre fin à sa volonté délétère. Cette résolution a non seulement cautionné les paramètres des négociations depuis 2007 mais en plus a invité l’Algérie à s’impliquer dans le processus de table ronde comme étant un des acteurs du dossier clairement identifiés, à l’instar du Maroc, du Polisario et de la Mauritanie, jusqu’à ce que le processus aboutisse à une solution politique «réaliste, pragmatique et durable» à la question du Sahara marocain.

Elle a le mérite de dénuder la thèse longtemps défendue par Alger et qui voulait que ce voisin de l’est est un simple pays observateur et non pas un pays impliqué dans ce dossier artificiel. Une thèse pourtant qui se contredit avec les réactions des responsables algériens, à leur tête le président Tebboune. Notamment les deux lettres, la première envoyée par le président Tebboune à l’Union africaine et la seconde adressée sur un ton menaçant par Brahim Ghali, le leader contesté des séparatistes, au SG des Nations Unies. Les deux acolytes avaient, vainement, tenté d’exercer une pression pour la désignation d’un nouvel Envoyé spécial qui donnerait de la visibilité au Polisario et à la pseudo Rasd que 165 Etats (sur 193) des Nations-Unies ne reconnaissent pas.

Ignoble encore fut l’offensive algérienne quand le ministre algérien des Affaires étrangères a déclaré, devant la commission des affaires étrangères au Parlement de son pays a deux priorités, deux dossiers d’occupation en Palestine et au Sahara occidental. Mais toute supercherie et toute pseudo cause a une fin. Il semble bien que la magie s’est retournée finalement contre le magicien! Il a fallu attendre cette crise sanitaire et la crise économique qui s’en est suivie notamment en Europe pour voir ses institutions manifester leur ras-le-bol de voir leurs aides humanitaires destinées aux camps de Tindouf détournées par l’Algérie et le Polisario.

Contestation populaire
Jeudi 9 juillet 2020, le mécanisme de saisine officielle du Parlement européen au sujet du détournement de l’aide humanitaire destinée aux populations séquestrées à Tindouf est actionné. Le projet de résolution déposé dénonce la poursuite de cette fraude et appelle à un audit de l’aide européenne détournée par le Polisario et l’Algérie. Puis, le lendemain, vendredi 10 juillet, la Commission européenne été interpellée au sujet des exécutions extrajudiciaires dans les camps de Tindouf. Dans une question parlementaire, l’eurodéputée italienne Silvia Sardone rappelle que le 28 avril 2020, l’armée algérienne a ouvert le feu sur un groupe de personnes dans les camps de Tindouf lorsqu’il tentait de se déplacer entre deux camps.

Trois personnes ont été blessées et six autres arrêtées. La députée européenne explique qu’après le tollé que cet événement a soulevé dans les camps, où la répression a été accentuée au motif de l’état d’urgence lié à la pandémie de Covid-19, les autorités algériennes ont forcé les proches des blessés à ne pas porter plainte auprès du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, en subordonnant la libération des six détenus à leur silence. Mme Sardone souligne que cet agissement n’est pas un acte isolé, notant que l’usage d’armes à feu contre les civils des camps de Tindouf a été signalé par plusieurs organisations non gouvernementales qui ont dénoncé au moins huit autres assassinats depuis 2014.

Le régime algérien, en proie à une contestation populaire en interne et dans les camps de Tindouf, fait également face à une crise économique due à la chute des revenus du pétrole. Mais cela ne l’empêche de s’investir et d’investir le peu de ressources du pays en ces temps de crise pour mener des campagnes contre le Maroc.


1 commentaire

  • lahcen

    12 Juillet 2020

    la on voit le contraire .C'est le Maroc qui dénigre l'Algerie .Arrêtez de mentir et de lécher aux occidentaux et aux juifs .Vous n'avez ni honneur ,ni NIF .

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