Détenus du Hirak du Rif : De grâce, osons le pardon !

Le temps est venu de tourner cette page. A jamais. Relâchons ces jeunes détenus du Rif et donnons, ainsi, une leçon à certains pays européens comme les Pays-Bas qui se proclament donneurs de leçons de démocratie.

Poussons à ses limites l’ouverture d’esprit. Dans nos prisons sont enfermés de jeunes manifestants d’octobre 2016 à Al Hoceima, de ce qui est communément appelé Hirak du Rif. Ils ne sont ni criminels, ni terroristes, ni de vrais révolutionnaires, d’ailleurs. Ce sont des adultes immatures que la fougue de la jeunesse a emportés jusqu’à franchir des lignes rouges.

Ils ont voulu exprimer leur colère et leur ras-le-bol mais ils l’ont fait de manière violente, éhontée et excentrique. Certains d’entre eux purgent actuellement des peines de prison variables alors qu’une soixantaine de leurs “compères” ont été graciés par le Roi Mohammed VI en juin 2019. “Il n’y a pas d’éducation sans sanction. C’est l’apprentissage de la responsabilité”, disait Henri Guaino, ancien conseiller politique de Nicholas Sarkozy.

Beaucoup sont du même avis: sans sanction, le chaos s’installe. C’est de l’extrémisme. Soit. Qu’à cela ne tienne! Que cherche-ton encore à tirer de l’emprisonnement de ces jeunes cinq ans plus tard? Qu’ils comprennent la leçon? Qu’ils épousent de nouveau la raison et le bon sens? Qu’ils demandent pardon? De toute évidence, même s’ils ne demandent pas le pardon, ils ont dû regretter ce qu’ils ont commis.

Le plus difficile, maintenant, c’est d’oser leur demander le pardon. L’État marocain a, par le passé, commis des exactions envers des jeunes qui par moments ont voulu tout bonnement dire par des cris et des slogans scandés qu’ils existent et qu’ils ont aussi leur mot à dire dans notre société. Après 10, 15 ou 20 ans ou plus derrière les barreaux, ils ont été relâchés. C’était les années de plomb. Reconnaissant ses torts, l’État s’est réconcilié avec ces jeunes devenus vieux et consumés au travers de l’Instance équité et réconciliation. Une initiative louable qui a marqué et qui marque encore les esprits de par le monde et un modèle à suivre pour nombre de pays.

Aujourd’hui, quand bien même les circonstances et les faits ne seraient pas les mêmes, c’est la même histoire qui se reproduit. On va s’obstiner à garder les détenus du Rif en prison pendant de longues années encore. Puis, viendra implacablement un jour où on va leur demander pardon et reconnaître qu’il y a eu un excès de zèle.

Autant donc écouter maintenant leurs souffrances et celles de leurs familles et leur pardonner, volontairement, leurs actes. Le temps est venu de tourner cette page. A jamais. Relâchons ces jeunes détenus du Rif et donnons, ainsi, une leçon au régime répressif d’Alger, qui, lui, gouverne par la peur et la torture, et à certains pays européens, comme les Pays-Bas, qui se proclament donneurs de leçons de démocratie. Le Maroc, notre Maroc, en sortira grandi et encore plus soudé. De grâce, osons le pardon !.