Des députés USFP et PPS mettent en garde contre les dattes importées illégalement d'Algérie


Les dattes algériennes importées en contrebande via le Mali et la Mauritanie, par le passage d’El Guerguarate, qui ne respectent pas les normes minimales de sécurité et de santé, sont pointées du doigt. Des analyses européennes ont déjà prouvé qu’une variété contient des substances cancérigènes.

Après le PPS, c’est au tour de l’USFP de mettre en garde contre l’importation de dattes d’Algérie. Le député socialiste Mohamed Baaziz a adressé le 3 avril 2023 une question écrite dans ce sens au ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Mohamed Sadiki. «L’importation de dattes algériennes et leur commercialisation sur le marché national nécessitent prudence et vigilance alors que des informations circulent sur la présence de substances cancérigènes dans ces dattes», écrit le parlementaire du Parti de la Rose.

«Quelles sont les démarches qui seront prises par l’Office National de Sécurité Sanitaire des produits Alimentaires (ONSSA) afin d’éclairer la lanterne des consommateurs marocains sur ce sujet ? Et quelles sont les mesures que votre ministère prendra afin d’assurer la protection de la santé des Marocains contre les maladies résultant de l’importation de certains produits alimentaires ?», s’interroge-t-il. Au 13 avril, aucune réponse n’a été donnée à cette question, observe-t-on sur le site du parlement.


Un mois auparavant, jour par jour, Addi Chagiri, un dépupé PPS, a adressé une question écrite adressée au ministère de l’Industrie et du commerce, sur les procédures et mesures qui seront mises en place pour «valoriser le produit national des dattes et le protéger de la concurrence déloyale». Le député a particulièrement pointé «le produit algérien importé en contrebande via le Mali et la Mauritanie, par le passage d’El Guerguarate et qui ne respecte pas les normes minimales de sécurité et de santé». «Des analyses en laboratoire ont précédemment prouvé que les dattes algériennes exportées vers les pays européens contiennent des substances cancérigènes qui nuisent directement à la santé humaine, en raison de l’utilisation de pesticides et de produits chimiques interdits », indique-t-il dans sa question.

Marché de gros
Face à la polémique qui enfle autour des dattes algériennes, chaque Ramadan, la Fédération marocaine des droits du consommateur a soumis les différentes dattes commercialisées au marché de gros de Casablanca à une analyse de pesticides et en livre les conclusions. Les conclusions de l’analyse sont désormais connues. D’après la fédération, les dattes importées de Tunisie, d’Algérie, d’Arabie Saoudite respectent les normes internationales concernant les résidus de pesticides. Le hic, c’est qu’une partie des dattes en vente sur le marché provient de circuits informels. Ce qui nourrit le doute sur sa nocivité. Surtout qu’il n’y a pas de feu sans fumée.

L’affaire Belkacem Houam, journaliste du quotidien arabophone algérien Echorouk, renseigne sur les tentatives de cacher quelques facettes de la vérité. Il a été placé en détention provisoire le 8 septembre 2022 après son audition par un juge d’instruction d’un tribunal d’Alger au sujet de la publication de «fausses informations» sur le renvoi vers l’Algérie de dattes exportées au motif qu’elles contenaient des substances nocives pour la santé. Le journaliste a expliqué que cette décision était motivée par le «renvoi» depuis l’étranger, notamment de France, de dattes algériennes estimées à 3.000 tonnes jugées «impropres à la consommation».

Au cours du mois de septembre, en effet, les autorités sanitaires françaises ont détecté un pesticide interdit en UE (diflubenzuron), des produits phytosanitaires non autorisés en Union européenne avant de renvoyer en Algérie les marchandises importées. Tant que le marché national n’est pas bien contrôlé, le doute est permis.

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