Pourquoi le dépistage massif a été abandonné

Les chiffres des contaminations à Fès et Meknès sont-ils réels ?

Tout le monde s’interroge sur le pourquoi de la chute des contaminations dans plusieurs villes, notamment Fès et Meknès. Pour beaucoup, c’est la suspension de l’autorisation accordée aux labos privés de réaliser les tests Covid qui explique, entre autres, cette situation pour le moins irréelle.

Alors que la pandémie est en train de flamber dans plusieurs régions du Maroc, notamment à Casablanca et Rabat-Salé, d’autres villes sont plutôt plus ou moins épargnées par cette flambée. C’est le cas, notamment, de Fès et Meknès et dans une moindre mesure à Marrakech. Depuis plusieurs mois, ces villes connaissent un recul des contaminations à la faveur d’une gestion de l’épidémie qui pourrait paraître bonne. Mais force est de constater que le recul des contaminations à Fès n’est pas dû explicitement à une bonne gestion de la crise sanitaire, mais plutôt à une suspension des tests Covid.

Aussi étrange que cela puisse paraître, la direction régionale de la santé de Fès- Meknès a suspendu depuis début octobre 2020 l’autorisation accordée aux laboratoires privés de réaliser les tests Covid. Une suspension qui va à l’encontre de la décision nationale rendue en juillet 2020 par le ministère de la santé. Cette suspension des tests a provoqué logiquement une chute importante des cas détectés. Le système adopté actuellement à Fès consiste à confier les tests rapides, appelés aussi tests sérologiques, aux labos publics au niveau du CHU Hassan II.

Une certaine accalmie
Les prélèvements se font par ailleurs dans les centres de santé de proximité. Pour un test positif, le patient est dirigé vers un labo public pour la réalisation d’un test PCR. Dans le cas contraire, le patient est prié d’observer une période d’isolement chez lui ne dépassant pas quatre jours. A Marrakech, la situation n’est tout à fait la même. Selon Fatima Zohra El Filali, directrice de la communication et de l’information à la direction régionale de la santé, «quatres labos privés sont autorisés à effectuer les tests PCR. Une offre privée qui s’ajoute à deux labos publics, notamment celui du CHU Mohammed VI et le labo appartenant à l’hôpital militaire». Mais, pour beaucoup, cette offre dédiée au dépistage est considérée comme insuffisante.

Par rapport à une période difficile vécue pendant l’été, Marrakech connaît depuis quelques semaines une certaine accalmie en ce qui concerne les nouvelles contaminations. Une accalmie qui s’explique, selon la responsable de la santé, à une certaine prise de conscience des habitants de Marrakech. «Les habitants de la ville respectent désormais les gestes barrières et font preuve d’une grande responsabilité», estime Fatima Zahra El Filali. Celle-ci précise qu’en prévision à une flambée des contaminations dans la région pendant les prochaines semaines, les autorités sanitaires locales sont sur des projets d’extension des capacités hospitalières au niveau de la réanimation.

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