Les dépenses communales désormais validées par les Walis et Gouverneurs

LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR EXIGE L’AUSTÉRITÉ DES ÉLUS

Dans une circulaire qui leur est adressée par le ministère de l’Intérieur, les présidents des communes sont priés d’annuler en 2021 les projets liés à la réhabilitation, à l’éclairage public et aux espaces verts. Mais ils sont autorisés à continuer les projets d’investissements en cours.

Une chose est sûre: les graves dégâts matériels occasionnés par les dernières inondations à Casablanca et dans d’autres villes ont permis de dévoiler la mauvaise gestion financière des élus. Dépensant parfois sans compter pour des projets qui s’avèrent finalement boiteux et inefficaces, les communes sont parmi les structures territoriales qui dilapident l’argent public. Mais, en ces temps de crise économique provoquée par la pandémie, le gouvernement s’attaque aux dépenses communales pour freiner l’appétit financier des élus pour les grands projets.

Désormais, suite à une circulaire adressée, le vendredi 15 janvier 2021, par le ministère de l’Intérieur aux collectivités locales, les élus ne seront plus maîtres de leurs décisions budgétaires. Les appelant à plus d’austérité, le ministère de l’Intérieur exige des élus de prioriser leurs dépenses en fonction de leur importance.

Médiocres infrastructures
Ils sont, par exemple, amenés à annuler ou à ne pas programmer en 2021 des projets relatifs à la réhabilitation, à l’éclairage public et aux espaces verts. Pour les projets d’investissements, les présidents des communes sont néanmoins autorisés à poursuivre les projets qui sont en cours. La nouvelle circulaire de l’Intérieur exige désormais des élus de soumettre chaque dépense engagée à la validation des walis et gouverneurs, qui sont engagés comme les ordonnateurs principaux des communes.

Pour le ministère de l’Intérieur, cette nouvelle procédure est certes un peu complexe en matière administrative mais elle permettra de garantir une bonne gestion financière au niveau des communes, qui souffrent depuis de nombreuses années de problèmes financiers énormes. Avec la pandémie du Covid-19, ces problèmes ont empiré avec l’accumulation des créances des communes envers les régies de distribution d’eau et d’électricité et les sociétés délégataires.

La circulaire exige ainsi des communes d’accélérer le processus de remboursement des ces créances, particulièrement celles ayant fait l’objet de jugements rendus par les tribunaux du Royaume. Si beaucoup voient d’un bon oeil les nouvelles dispositions de la circulaire de l’Intérieur, d’autres sont sceptiques quant à son application. Ces derniers prennent pour exemple ce qui s’est passé à Casablanca suite aux dernières inondations.

Un argent fou a été, en effet, dépensé pour construire des ponts, des tunnels et des routes mais il s’est avéré que la qualité médiocre de ces nouvelles infrastructures a mis à nu la mauvaise gestion financière des élus de Casablanca.

Entre ce qui a été réellement dépensé et ce qui a été budgétisé, il y aurait certainement un gap important. D’où l’anarchie totale dans laquelle travaillent nos élus sans contrôle de la part des autorités locales et centrales. Cette nouvelle circulaire risque bien de s’avérer un document administratif de plus qui sera relégué au second plan.


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