Le Royaume sur la voie de la dépénalisation de l'or vert

Le cannabis représente un marché de 100 milliards de dirhams par an

Après la reconnaissance de ses vertus médicales suite à une décision onusienne et son retrait définitif de la liste des drogues dangereuses, les milieux politiques marocains appellent à la dépénalisation de la culture du cannabis désormais baptisé “or vert”. Pour eux, c’est une manne financière de 10 milliards de dirhams qui profitera à l’Etat.

De plus en plus de voix s’élèvent pour la dépénalisation du cannabis. Notamment au Maroc, qui regorge d’un potentiel de culture important. Bien qu’il existe depuis de nombreuses années compte tenu de populations marocaines importantes dans le nord du pays qui vivent de cette culture extrêmement lucrative, cet appel à la dépénalisation s’est renforcé avec la dernière décision de la commission des stupéfiants de l’ONU qui vient de reclasser le cannabis hors de la catégorie des drogues les plus dangereuses.

Le Maroc a été le seul pays dans la région du Moyen Orient et d’Afrique du Nord à avoir voté pour cette décision onusienne historique. Ce reclassement consiste, ainsi, concrètement, à retirer le cannabis du tableau 4 de la convention unique sur les stupéfiants de 1961, qui considère cette plante comme extrêmement nocive aux côtés d’autres drogues dures comme l’héroïne.

Aujourd’hui, on découvre au cannabis des vertus médicales importantes pouvant être utilisées pour le traitement de nombreuses maladies. La décision de l’ONU, qui s’appuie sur des recommandations de l’organisation mondiale de la santé, pourrait conduire à mener des recherches scientifiques supplémentaires en rapport avec les propriétés médicinales de la plante. Si plusieurs pays occidentaux, dont le Canada et l’Uruguay, ont d’ores et déjà légalisé l’usage du cannabis à des fins médicales, dans d’autres pays développés, comme la France, ce n’est pas encore le cas.

Une manne considérable
Le Maroc, après avoir voté pour son retrait de la liste des drogues dangereuses, est ainsi appelé à autoriser son usage et donc sa culture. D’après un rapport de l’Union européenne, l’industrie du cannabis pourrait générer pour l’Etat marocain, en cas de son usage légalisé, des revenus annuels de l’ordre de 900 millions de dollars, soit près de 10 milliards de dirhams. Une manne considérable dont les caisses publiques ont grandement besoin dans les circonstances difficiles de la crise du Covid-19.

A l’heure actuelle, la culture du cannabis assure des revenus à 140.000 ménages marocains. Elle assure également un emploi à près de 800.000 personnes, dans un marché estimé, globalement, à près de 100 milliards de dirhams par an. En même temps, le Maroc fournit l’Union européenne plus de 70% de la consommation de cette matière. Le marché du cannabis représente, en termes de revenus au niveau continental, plus de 70 milliards de dollars en raison de la forte demande internationale pour cette matière aux vertus médicinales désormais reconnues.