Déficit de médecins urgentistes au Maroc: Les spécialistes tirent la sonnette d’alarme

La Société marocaine de médecine d’urgence (SMMU) plaide pour l’augmentation des formations dédiées à leur spécialité pour améliorer la prise ne charge des patients dans les structures sanitaires.

Le saviez-vous ? Le Maroc ne compte actuellement que vingt médecins urgentistes. Soit 20 médecins de moins que la Tunisie dont la population est moins nombreuse que la sienne. Un déficit qui a été pointé du doigt lors de la cinquième édition du Congrès international de la Société marocaine de médecine d’urgence (SMMU) qui s’est tenu les 15 et 16 octobre 2021 à Rabat.

Une situation très critique, surtout dans un contexte de pandémie souvent marqué par une multiplication des cas urgents. Le service d’aide médicale urgente (SAMU) du Maroc révélait, en septembre 2020, des difficultés de gestion du trafic téléphonique car étant submergé par plus de 8000 appels par jour contre 1500 coups de fil quotidiens avant la pandémie. D’après les experts de cette grand-messe scientifique, l’augmentation de ce capital humain s’avère urgente.

Pour ce faire, ils recommandent la création d’unités pédagogiques et de recherche (UPR) dans toutes les facultés de médecine et des centres d’enseignement des soins d’urgences (CESU) dans les centres hospitaliers. Des infrastructures permettront d’améliorer les prestations dans les services d’urgences qui nécessite « une qualification du personnel soignant, par l’ouverture de postes d’enseignements, la spécialisation et la formation professionnelle continue ».

Ils préconisent aussi la réorganisation de la prise en charge des urgences et des soins non programmés pour rationaliser les conduites et faire face à l’augmentation significative du nombre de passages en urgence pour des soins qui ne revêtent pas toujours un caractère urgent. Dr. Azeddine Ibrahimi, directeur du laboratoire de biotechnologie de la Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, figurait dans ce panel de chercheurs. Selon le membre du comité scientifique national de la vaccination, « une médecine d’urgence performante s’avère plus que jamais une priorité absolue ».

Plateaux hyperspécialisés
La formation de ressources humaines qualifiée, c’est bien. Mettre à leur disposition un des plateaux techniques relevés, c’est encore mieux. D’où l’importance de développer plateaux techniques hyperspécialisés permettant une prise en charge rapide et maximalisé des patients en situation critique, suggère la SMMU. Elle souhaite également que les structures sanitaires universitaires soient organisées en universitaires en pôles d’excellence, car selon elle, la médecine d’urgence impose une « course contre la montre » pour préserver des vies.

Par ailleurs, les scientifiques de cette société savante plaident pour la promotion de la régulation médicale et des SAMU régionaux afin d’améliorer la prise en charge pré-hospitalière et adapter ultérieurement l’orientation des patients. Ils proposent aussi la mise en place de « stratégies de communications interpersonnelles organisationnelles et médiatiques » dans les différentes régions du royaume, pour informer et influencer positivement les décisions individuelles et collectives « propices à l’amélioration de la santé ».

Ces professionnels de la santé ont beaucoup insisté sur la promotion de la médecine d’urgence au Maroc durant ce congrès qui, selon eux, « constituera la seule locomotive de développement de la prise ne charge dans nos structures d’urgences, que ce soit dans la gestion des situations critiques ou de l’organisation des filières de soins, conformément aux principes du nouveau modèle de développement marocain ».