Le déficit du commerce extérieur se creuse à fin février 2023

La désindustrialisation n’est pas une fatalité


Le déficit commercial se creuse. En cause : le prix de l’énergie, mais aussi des facteurs structurels. Pour en sortir, il faut approfondir le processus industriel

Encore une fois, les échanges de biens ,à fin février 2023, sont marqués par le creusement du déficit commercial de 17,8% à 44,9 milliards de dirhams. Les importations ont progressé à un rythme de 11,6% beaucoup plus important que celui des exportations, soit 7,9%. Une tendance qui confirme les résultats de l’Office des Changes du mois d’août 2022. En effet, le déficit commercial du Maroc, nous dit l’Office des changes, a augmenté de 56,1% à fin août 2022 par rapport à la même période en 2021, pour s’établir à 214,76 milliards de DH.

En cause : la hausse des importations. En effet, ces dernières, ont atteint, selon l’Office des changes, plus de 491,57 milliards de DH au titre des huit premiers mois de l’année 2022, contre 339,56 milliards de DH à fin août 2021, soit une hausse de 44,8% tandis que les exportations se sont accrus de 37% à 276,80 milliards de DH à fin août 2022. Dans ses indicateurs mensuels des échanges extérieurs du mois d’août, l’office indique aussi que le taux de couverture perd 3,2 points (56,3% contre 59,5%).


L’augmentation des achats de marchandises fait suite à la hausse des importations de la majorité des groupes de produits, souligne l’office qui note que la facture énergétique a atteint plus de 103,05 milliards de DH à fin août 2022 contre 45,16 milliards de DH à fin août 2021. La reprise mondiale rapide après les confinements et la guerre en Ukraine ont tiré les prix de l’énergie vers le haut. Résultat : pour notre pays , l’année 2023 a démarré sur le renchérissement de la facture énergétique de 29,6% alors que les quantités importées ont reculé de 5,1%.Une situation qui risque de se compliquer davantage durant les prochains mois surtout que plusieurs grands pays exportateurs ont annoncé une réduction dès le mois de mai de leur production de pétrole, et ce jusqu’à la fin de l’année.

Infrastructure technologique
Aussi, la dégradation continue du solde commercial depuis des décennies se vérifie, aussi, cette année, en plus de la facture énergétique du côté des importations des demis produits et des achats de biens d’équipement qui se sont accrus, à fin février, de 16,7% sans oublier les produits finis de consommations qui ont pris 11,9%. Certes, même si la structure sectorielle des exportations a connu de profondes transformations avec la montée en puissance des écosystèmes industriels, notamment automobile , désormais premier secteur exportateur (le chiffre d’affaires à l’export de l’automobile a atteint 21,6 milliards de dirhams, en hausse de 40,5% , à fin février 2023, la position commerciale du Maroc demeure déséquilibrée, notamment en raison de la nécessité d’importer des produits énergétiques et céréaliers en cas de mauvaise récolte, et des intrants pour les écosystèmes industriels.

Au-delà des raisons conjoncturelles, la dégradation continue du solde commercial depuis des décennies pointe aussi vers des raisons plus lourdes structurellement qui sont difficiles à corriger, à moins d’un sursaut du côté de la politique industrielle. Politique industrielle dont l’objectif ne sera ni moins ni plus que la création d’un écosystème industriel plus approfondi, basé, notamment, sur le développement de l’innovation et le renforcement de l’infrastructure technologique pour pouvoir accompagner l’industrie. Ce qui aurait un impact sur la diversification et la compétitivité de l’offre exportable.

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