Le déchirement des médecins du secteur privé

Quatre syndicats des médecins contre l'ordre national des médecins

De nombreux médecins du secteur privé ont préféré fermer leurs cabinets et se confiner chez eux.

Au lieu de prêter main forte à leurs confrères dans le secteur public, submergés par une surcharge de travail provoquée par la propagation de l’épidémie Covid-19, les médecins du secteur privé se déchirent âprement. Un déchirement incompréhensible alors que la situation épidémique au Maroc atteint son paroxysme. Tout a commencé le lundi 30 mars 2020 avec l’envoi par le président de l’ordre national des médecins, Mohammadin Boubkeri, d’une lettre au Chef du gouvernement où il demande une aide sous forme d’exonérations fiscales et de charges sociales ainsi que des aides financières directes pour les cliniques en situation économique difficile. À l’image de celle qui avait été adressé à El Othmani, le 18 mars, par le principal syndicat de l’enseignement privé, l’ordre national des médecins a suscité une profonde indignation sur les réseaux sociaux. «Comment osent-ils demander une aide de l’Etat alors qu’ils ont gagné beaucoup d’argent sur le dos des Marocains et en plus ils ne payaient même pas leurs impôts », s’indigne un internaute. Deux jours plus tard, la réaction de plusieurs syndicats professionnels des médecins ne s’est pas faite attendre.

Capacité hospitalière
Dans un communiqué rendu public, mercredi 1er avril 2020, quatre syndicats parmi lesquels l’association nationale des cliniques privées, présidée par Professeur Redouane Semlali ou encore le syndicat national des médecins du secteur libéral, désavouent clairement le président de leur ordre national en disant que sa lettre n’engage pas toute la profession médicale au Maroc. « Le président de l’ordre des médecins n’a consulté personne pour envoyer sa lettre. Nous étions surpris par son existence », déclare, ainsi, le président de l’association nationale des cliniques privées, Professeur Redouane Semlali. Et ce dernier d’ajouter : « On n’a jamais rien demandé à l’Etat car l’heure n’est pas aux revendications mais bel et bien à la mobilisation contre l’épidémie du Covid-19 ». Les quatre syndicats saisissent cette occasion pour afficher leur solidarité avec le secteur public. Ils disent mettre à la disposition du ministère de la santé plus de 600 lits pour hospitaliser les malades du Covid-19 à Casablanca et Rabat.

Une capacité hospitalière extensible à 9000 lits. Pour le moment, trois établissements privés seulement ont réservé leurs locaux aux malades du Covid-19 : la clinique Vinci, l’établissement Tazi et l’hôpital privé Cheikh Khalifa. On se demande qu’attendent les autres cliniques privées pour se mettre en mouvement et offrir leurs services en soutien au secteur public ? C’est la question qui se pose désormais alors que les médecins du secteur public se battent seuls face à la maladie. Plus scandaleux encore, de nombreux médecins du secteur privé ont préféré fermer leurs cabinets et se confiner chez eux. Un comportement indigne et inacceptable d’un médecin sensé au moins ouvrir son cabinet et recevoir les malades.


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