Décès de Abderrahmane Saaidi, ancien ministre

UN HOMME DE TOUS LES DÉFIS

Ses qualités de travailleur infatigable et tenace lui ont valu le respect de tous ceux qui l’ont fréquenté de près ou de loin.

Gravement malade depuis quelque temps, Abderrahmane Sâaïdi, ex-ministre de la privatisation, vient de rendre l’âme, dans la nuit de lundi 11 au mardi 12 mai 2020. Agé de 74 ans, ce natif de Rabat est père de quatre enfants (Bahaa, Myriem, Dounia et Kamil). Après des études de droit des affaires et de commerce, en 1973, à l’université de Montpellier, ce titulaire en 1976 du diplôme français d’expertise comptable est rentré au Maroc pour créer un cabinet réputé, dont la clientèle comptait les fleurons de l’économie marocaine. Cabinet actuellement dirigé par sa fille Baha.

Il était depuis au moins une trentaine d’années un repère des milieux d’affaires. Ce grand spécialiste de comptabilité et de fiscalité d’affaires occupa dès 1993 le poste de ministre de la privatisation en charge des entreprises publiques, avant d’être nommé de 1997 à mars 1998, ministre délégué auprès du premier ministre, chargé de la dynamisation de l’économie et de la privatisation. Après avoir quitté ses fonctions ministérielles, il présidera en 2001 aux destinées de la Samir.

Cet homme à l’esprit vif dont les commentaires, avis et analyses fiscales, financières et juridiques avaient leur poids au sein des milieux d’affaires, a été notamment l’un des moteurs des réformes des années 90, qu’il s’agisse de la réforme et de la dynamisation de la Bourse de Casablanca, de celle des télécommunications ou de celle de la fiscalité. Ayant une formation dans plusieurs disciplines, il avait enseigné pendant des années à l’ISCAE. Ses qualités de travailleur infatigable lui ont valu le respect de tous ceux qui l’ont fréquenté de près ou de loin.

Autodidacte esthète
C’est que l’homme n’a pas eu la vie facile, obligé qu’il était de travailler dur pour avoir une place au soleil. Adolescent , il a quitté l’école à 17 ans pour travailler sans pour autant jamais oublier cet amour des belles choses et de l’esthétisme que lui a transmis son père ébéniste et son grand-père «dallal » (vendeur aux enchères) lors de son enfance dans le quartier Océan de Rabat pendant le protectorat français. Cet amour finira par se concrétiser à travers la création, en 2006, de Memoarts. Une galerie d’arts qui lui a pris beaucoup de temps et d’énergie. Abderrahmane Sâaïdi n’a jamais été de ces politiques politiciens, dans le sens où il ne s’est jamais engagé dans un quelconque parti politique.

Il avait toujours dit qu’il «était reconnaissant au destin de lui avoir accordé le privilège d’accéder à la fonction de ministre, une expérience unique et intense qui lui aura permis de croiser des personnes hautement compétentes et engagées et, surtout, de travailler au coeur du pouvoir, avec le défunt monarque Hassan II, un chef d’Etat comme l’Histoire n’en fait plus». Ce professionnel hors pair était plus que jamais un esprit dévoué pour son pays.


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