Les déboires de Benchâaboun

L’IMPROBABLE RELANCE ÉCONOMIQUE POST-COVID-19

Le ministre des Finances, Mohamed Benchâaboun, a dû faire face aux répercussions socio-économiques du Covid-19 en puisant dans le Fonds spécial. Une fois l’argent tari, ni la loi de finances rectificative ni les mesures du plan de relance économique n’ont permis de faire tourner la roue de l’investissement et de la productivité.

La gestion de la pandémie du coronavirus sur le plan économique a été supportée, durant les trois premiers mois à partir de mars 2020, par le Fonds spécial dédié, créé à l’initiative du Roi Mohammed VI. Un peu plus de 30 milliards de dirhams ont été injectés dans ce Fonds. Ils ont servi à acquérir des équipements et matériels sanitaires pour les hôpitaux publics, et à aider les ménages en situation de précarité et les entreprises en difficulté grandement impactées par les répercussions de la crise sanitaire. Ministre des Finances, c’est Mohamed Benchâaboun qui a présidé ce Fonds, ou plutôt le Comité de veille économique chargé de sa gestion.

Mais les choses allaient plus vite que prévu dans ce sens où les fonds ont vite tari. Il a fallu une loi de finances rectificative qui, en principe, devait annoncer la relance économique pour stopper l’hémorragie du chômage et permettre aux entreprises, grâce à des financements (Oxygène et Relance) spéciaux avec des taux réduits et une garantie de l’Etat (CCG) allant de 80 à 90% du montant du crédit, notamment après la baisse du taux directeur de 2,25 à 1,5% et l’allégement de certaines mesures prudentielles par la banque centrale.

Déductibilité fiscale
La loi de finances rectificative était du genre de la montagne qui accouche d’une souris. Le budget de l’investissement public avait été à peine rallongé de quelques milliards de dirhams, sans effet notable sur les marchés publics durant l’année 2020. Une autre mesure de cette loi rectificative, qui dénote de manière flagrante d’un lobbying exercée au sein de l’enceinte du Parlement, c’est la déductibilité fiscale des dons. Une mesure qui a été rejetée à l’unanimité à la première chambre, réintégrée par la deuxième chambre puis, contre toute attente, validée par la première chambre en plénière.

Le comble, c’est le changement de l’appellation de cette mesure qui est passée de “Déductibilité fiscale des dons au Covid-19” à “Déductibilité fiscale des dons” tout court. En dehors de cela, aucune mesure de relance de l’économie. Que des mesurettes qui profitent aux riches et aux grandes entreprises plus qu’aux petites !

Puis, il y a eu le discours royal qui a rectifié le tir en annonçant un véritable plan de relance de 120 milliards de dirhams, dont 70 milliards dédiés aux crédits aux entreprises privées et publiques. De l’espoir. Sans plus. Car ce plan de relance comporte des mesures de financement de fonctionnement mais pas d’investissement. Un fonds de prise de participation de 40 milliards de dirhams, qui devait colmater peu ou prou cette brèche, n’a pas encore vu le jour de manière effective. Le pire, ce sont les emprunts à l’international qui n’ont servi qu’au maintien et au fonctionnement des entreprises publiques et à alimenter le train-train des administrations publiques.


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