Le débat sur l’homosexualité relancé

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Du sexe, du sang, et un procès  très suivi aussi bien par l’opinion  publique marocaine que par des  médias étrangers. Il faut dire  que dans la fameuse affaire d’agression  homophobe de Beni Mellal, tous les éléments  sont là pour attiser les passions. Ce  feuilleton, bien parti pour durer, a commencé  avec la diffusion, le 25 mars 2016,  d’une vidéo amateur dans laquelle on voit  deux homosexuels, le visage en sang, se  faire insulter et violemment agresser par  un groupe de jeunes. Quelques minutes  après, les deux victimes sont jetées nues  dehors, avant de se faire traîner dans la  voie publique.


Ces images choquantes, qui datent du 9  mars, soit plus de deux semaines avant  leur diffusion, ont provoqué une série de  réactions de plusieurs bords. La première  victimes, qui était dans «un état d’ébriété  avancé lors de son premier contact avec  les autorités», a été condamnée à quatre  mois de prison ferme pour homosexualité,  tandis que deux des agresseurs ont  été condamnés à deux mois de prison  avec sursis.


Ces sentences ont provoqué l’ire des  instances de défense des homosexuels,  alors que la deuxième victime du lynchage, âgée d’une trentaine d’années,  ainsi que trois des présumés agresseurs,  devaient comparaître, le 11 avril 2016, devant  la justice. Le quatrième assaillant, un  mineur, devait être jugé le 7 avril par un  tribunal pour mineurs.


Par ailleurs, des  manifestants se sont rassemblés le 4 avril  devant le tribunal de première instance de Beni Mellal, pour demander la libération  des quatre agresseurs poursuivis, tout en  dénonçant ce qu’ils appellent «l’encouragement  par l’Etat de l’homosexualité». De  leur côté, une vingtaine d’associations ont  lancé une campagne de soutien des deux  victimes, tout en demandant l’abrogation  de l’article 489 du Code pénal qui criminalise  l’homosexualité.


Tandis qu’une pétition électronique lancé,  le 1er avril, par le réseau mondial «All Out»,  appelant à la libération du couple homosexuel,  a recueilli près de 60.000 signatures  en moins d’une semaine.