Débat à Casablanca sur la réforme de la Moudawana: Le réquisitoire de Saleheddine Aboulghali contre les Islamistes


Le secrétariat régional du PAM à Hay Hassani à Casablanca a organisé dans la nuit de vendredi 29 mars 2024, un débat public sur les conditions à même de permettre aux femmes de jouer pleinement leur rôle socio-économique à l’aune de la réforme en cours de la moudawana. Animée par la juriste spécialiste du droit de la famille, Zhor El Hor, cette soirée ramadanesque a été marquée notamment par l’intervention liminaire Qoloub Faiteh, présidente d’organisation de la femme pamiste et surtout de l’allocution de Salaheddine Aboulghali membre de la direction collégiale du PAM.

Et c’est un réquisitoire sans concession qu’il fait contre ceux qu’il considère comme défenseur des idées rétrogrades et passéistes au nom d’une conception tronquée de la religion. « Le développement économique du pays et sa stabilité sociale sont au cœur du débat actuel. Cela passe fatalement par l’émancipation de la femme et sa contribution au sein de la famille. C’est le garant de la stabilité du foyer familial. La liberté économique pour l’homme comme pour la femme est aujourd’hui le cœur battant de toutes les libertés », dit-il. Avant d’asséner que « nous ne pouvons pas ignorer la réalité et recourir au discours rétrograde prôné par des personnes relevant du passé (madhaouis) qui considèrent les femmes comme des objets et que la fille mineure est une marchandise de consommation. Ce courant qui défend le mariage des mineurs et la notion de Taassib est la même de l'hypocrisie sociale et la consécration du projet visant à saboter toute volonté de réforme constructive de la société… »

M. Aboulghali a défendu l’interdiction du Taassib en relevant que l’on ne veut plus au Moyen âge où l’oncle pouvait être considéré comme le tuteur des filles mineures dont le père est mort. « Dans les Etats modernes, ce sont les institutions de l’Etat qui ont la responsabilité de garantir les droits des enfants mineurs orphelins.  C’est l’Etat qui veille sur la succession pour le bien des enfants. Quant à l’héritage, pourquoi se contente-t-on d’un seul verset du coran alors que l’on peut également au nom de la religion invoquer la donation ? »

Sur le plan interne du parti, M. Aboulghali a relevé que les membres de la direction tripartite du secrétariat général du PAM (Fatima Zahra Mansouri, Mehdi Bensaid et lui-même) élus le 10 février dernier à l’issue du 5è congrès du parti tenu à Bouznika, agissent en ayant à l’esprit les grandes lignes fondatrices du Mouvement pour tous les démocrates. Des idées voulant renforcer la démocratie dans le pays avec une large participation des citoyens et de tous les intellectuels. Le parti est ouvert à toutes les idées dès lors qu’elles peuvent apporter un plus au débat de société. Dans ce cadre, bientôt les réformes internes du parti seront lancées avec les nouvelles chartes organisationnelle et la morale. « Nous annoncerons prochainement les grandes lignes du projet de société que nous comptons défendre et implémenter après la fin des consultations et des discussions avec l’ensemble des militants et cadres du parti. Dans ce sens, ous travaillons pour mettre sur pied dans les délais les plus courts possibles l’académie politique du PAM dont la direction a été confiée à Ahmed Akhchichine… », a-t-il conclu.

Articles similaires