Technologie: Damanesign, le Zorro de la confiance numérique

La nouvelle start-up fondée par l’ingénieur maroco-français Zouhair Hamdaoui compte dès septembre 2021 offrir une solution clé en main de signature électronique.

Zouhair Hamdaoui n’a pas attendu l’adoption du projet de loi relatif aux services de confiance pour les transactions électroniques par le parlement en décembre 2020 pour penser à une solution marocaine de signature électronique.

Natif en 1979 de la ville d’Agadir, cet entrepreneur ayant principalement fourbi ses armes en France, où il est installé depuis le milieu des années 2000, planchait depuis “plus d’un an et demi” déjà dessus au moment où le texte arrivait au bout du circuit législatif, à telle enseigne que dès le mois de septembre 2021, ladite solution, en l’occurrence Damanesign, devrait être opérationnelle.

Celle-ci vient même d’obtenir, ce 6 juillet 2021, 4 millions de dirhams de la part du fonds Maroc Numeric Fund II (MNF II), qui compte dans son tour de table de nombreuses institutions nationales telles la Caisse centrale de garantie (CCG), Attijariwafa Bank ou encore Chaabi Capital Investissement (CCI) et qui a légitimé son investissement par le fait de vouloir s’insérer dans “cette approche de démocratisation des services de confiance numérique”, comme l’a déclaré dans un communiqué Dounia Boumehdi, la directrice générale de MITC Capital, la société de gestion de MNF II.

“Ce genre de solutions existe depuis longtemps par exemple en France, où j’ai personnellement déjà eu l’occasion d’en concevoir pour pas mal d’entreprises françaises, des grands groupes, des grandes banques. Donc à un moment je me suis dit pourquoi pas aussi au Maroc?,” raconte M. Hamdaoui. Concrètement, Damanesign permet de signer des documents comme on le ferait sur papier, à ceci près qu’on n’a pas besoin, pour ce faire, d’un stylo.

Mais comment prévenir d’éventuelles falsifications? C’est justement là aussi un des rôles de Damanesign, puisqu’elle ne se contente pas d’offrir la plateforme technique où l’on peut signer mais agit aussi en tant que tiers de confiance, c’est-à-dire qu’elle permet d’authentifier une signature.

Ainsi, une fois le document préparé, qu’il s’agisse par exemple d’un contrat, d’un devis ou d’une facture, le destinataire le reçoit pour d’abord le lire, et ensuite y apposer sa signature, ce qui nécessite de sa part d’utiliser un code qui lui est envoyé par SMS sur son mobile. Et même pas besoin d’avoir un compte Damanesign: celle-ci dispose de certificats de sécurité grâce auxquels on peut savoir qu’une signature est bel et bien authentique.

Certificats de sécurité
“Nous avons fait en sorte de rendre la solution aussi intuitive que possible,” nous confie M. Hamdaoui. Selon ce dernier, Damanesign compte déjà neuf collaborateurs, et lui-même compte rentrer définitivement au Maroc et s’installer dans la ville de Casablanca pour superviser les opérations -ce qui implique qu’il quitte son poste d’architecte de domaine qu’il occupe depuis juillet 2010 au sein de la banque ING. Pour sa part, MNF II ne devrait pas simplement se contenter de l’appui financier mais également lui apporter l’expertise qu’il a acquise au cours de la dernière décennie depuis son lancement en mars 2010. Et donc aussi sa signature.