La culture n’a plus sa place au Maroc

CRISE SANITAIRE

Très peu présente ou majoritairement élitiste avant le coronavirus, la culture prend le coup fatal à cause de cette crise pandémique. Aucune alternative n’est venue remplacer l’annulation effective des plus grandes activités culturelles au Maroc. Si la digitalisation de plusieurs domaines n’a pas tardé, la culture quant à elle n’a bénéficié d’aucune action pour survivre.

Les jeunes Marocains ont eu beaucoup de temps libre cette année. L’arrêt précoce des cours, l’absence de vacances et le manque de sorties auraient pu constituer la meilleure occasion pour instaurer un éveil culturel chez notre jeunesse, entièrement envahie par Netflix et YouTube. Malheureusement, en l’absence d’actions ou de réflexions dans ce sens, le Maroc a encore raté l’occasion de fournir à la culture la place qu’elle mérite pour profiter de ses précieux avantages sur le plan social et économique.

Au milieu de cette guerre que mène le Maroc contre la propagation du Covid-19, et au moment où notre pays bascule entre approches sécuritaires de punition, et communication très plate à travers les médias, pourquoi n’avons nous pas pensé à la culture? La culture aide à constituer le capital social, c’est un élément rassembleur des communautés. En réunissant les gens autour d’une même idée, les activités culturelles, telles que les festivals, les foires et les rassemblements engendrent une solidarité et une cohésion sociale favorisant l’intégration sociale, l’autonomisation des communautés et le développement des capacités, ainsi que le renforcement de la confiance, de la fierté citoyenne et de la tolérance. N’a-t-on pas besoin de cela en ces moments de crise? Si les activités ne peuvent pas se faire en présentiel, pourquoi les manifestations culturelles n’ont pas eu leur place dans le digital?

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La communauté marocaine sur les réseaux sociaux s’élargit de plus en plus. De la génération X à la génération Z, les Marocains de différents âges essayent d’être aujourd’hui présents les réseaux. Pourquoi n'a-t-on pas prévu des concerts en Live? Des pièces théâtrales en direct sur les réseaux sociaux ou à la télévision? Pourquoi les artistes n’ont pas organisé des expositions digitales pour présenter des oeuvres pouvant peut-être décrire ce que vit le Maroc en cette période de Coronavirus? Un manque de moyens, d’aide et surtout d’attention à ce secteur toujours laissé à l’écart.

Films, séries, émissions de chant, nos chaînes marocaines favorisent de plus en plus les contenus commerciaux en dépit des vrais travaux culturels. Avec l’arrivée d’un jeune ministre le de la Culture, beaucoup d’espoir s’est installé chez une partie des citoyens qui a espéré voir une amélioration au niveau du produit culturel marocain présenté au public.

Pour le moment, notre attente est toujours d’actualité, d’autant plus que le peu d’activités culturelles qui animent le Maroc chaque année, à savoir le festival de la musique sacrée de Fès, Mawazine de Rabat, festival d’Essaouira, L’boulevard, Sbagha-bagha… sont tous annulés, causant une grande perte d’emplois pour les travailleurs formels et informels.

Rentrée économique, rentrée scolaire… à quand une rentrée culturelle? Une reprise culturelle? Si la crise persiste, accompagnée de l’annulation automatique des événements, allons-nous prévoir une alternative? Un enseignement à distance pour les élèves qui font des cours de théâtre, de chant ou de danse? Une aide aux troupes de théâtre mises à l’arrêt? Nous espérons qu’une vraie réflexion soit dirigée dans ce sens pour rehausser ce secteur qui peine à survivre au Maroc à cause de plusieurs lobbies néfastes


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