LE CULTE DE LA VICTIMISATION

Dernier recours du régime algérien pour justifier son acharnement contre le Maroc

Depuis quand le Maroc était-il considéré comme un voisin et un frère par un régime algérien qui a tenté, sans répit, depuis 1962, d’empêcher le parachèvement de l’intégrité territoriale du Royaume en créant et en finançant une entité composée de mercenaires dont la seule motivation est l’argent?

Dimanche 28 novembre 2021, au siège du ministère algérien des Affaires étrangères, le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, a accordé un entretien au quotidien londonien Al-Quds al-Arabi. Sans préciser l’actualité qui justifierait le timing de cette entrevue, le journaliste fait une entrée en trombe: «Le ministre Lamamra a déclaré que l’Algérie ressent le poids de son rôle historique qui porte sur la défense de tous les peuples opprimés et à leur tête le peuple palestinien».

Cette phrase-attaque, pour reprendre le jargon journalistique, est loin d’être fortuite. Elle en dit long sur les visées inavouées de cette entrevue orientée qui exploite la question palestinienne et la journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien pour montrer que si l’Algérie s’acharne sur le Maroc et a coupé son approvisionnement en gaz naturel via le gazoduc Maghreb-Europe, c’est amplement justifié.

Car voilà que le Royaume «s’allie» avec l’occupant Israël et le ramène aux frontières pour «déstabiliser» l’Algérie. Lamamra a cherché, au travers des mots comme «peuples opprimés» et «cause palestinienne», à raviver et générer la solidarité des pays arabo-musulmans. En tout cas, ces derniers, sans exception aucune, savent le rôle prépondérant joué par le Royaume du Maroc en faveur de la cause palestinienne, depuis longue date.

Ainsi, le temps choisi pour la diffusion de l’entrevue ne trompe que les crédules. Comme par hasard, cet entretien intervient à trois jours de la signature mercredi 24 novembre à Rabat, d’un accord sécuritaire –officiellement nommé «mémorandum d’entente en matière de défense»– entre le Maroc et Israël aux grands enjeux géopolitiques régionaux.

Et pour jouer la victimisation comme personne ne sait le faire mieux que les responsables algériens et muscler son discours complotiste, Lamamra a usé d’épithètes qui faisaient défaut dans les récents messages belliqueux d’Alger: «Une série de complots contre l’Algérie pour la détourner de son rôle historique et créer des troubles de l’extérieur ou de l’intérieur du pays ne s’est pas arrêtée.

Nous sommes en état de confrontation avec l’entité sioniste, venue à nos frontières et qui signe des accords militaires, sécuritaires et de renseignement avec un voisin, un frère et un ami (le Maroc)». C’était pour dire que le «voisin, le frère et l’ami» d’hier a changé et a vendu la mèche. Mais depuis quand le Maroc était-il considéré comme un voisin et un frère par un régime algérien qui a tenté, sans répit, depuis 1962, d’empêcher le parachèvement de l’intégrité territoriale du Royaume en créant, finançant et entretenant, depuis 1975, le Polisario, une entité composée de mercenaires dont la seule motivation est l’argent?

Le message, le vrai, a été bien déchiffré. Celui d’un régime algérien lassé de tenter de faire taire une population désabusée et qui réinvente ses discours propagandistes externes pourvu qu’ils détournent, ne serait-ce qu’une fois, l’attention de la répression en interne. Car transformer la victimisation en habitude est un piège. Quand un pouvoir assume le rôle de victime, parce qu’il ne peut pas faire face à une situation inextricable qui le hante, il cherche à engendrer la solidarité.

C’est la toute dernière tactique d’une diplomatie algérienne tombée dans le discrédit. En vérité, l’Algérie officielle ne fait que s’isoler davantage sur la scène politique internationale, notamment depuis l’affaire du gazoduc Maghreb-Europe exploité pour faire chantage à ses «alliés» européens. Une fuite en avant qui ne dit pas son nom au moment où le Maroc, en dépit de toutes ses difficultés financières, avance à pas sûrs et jugule les répercussions d’une crise sanitaire qui a fait plier de grandes puissances mondiales.