Cryptommonnaie : L'Afrique subsaharienne, parmi les leaders mondiaux

Si l’Afrique subsaharienne a pu s’imposer comme leader mondial dans ce domaine, c’est grâce à la popularité grandissante de cette monnaie digitale auprès des utilisateurs locaux, particulièrement ceux du Nigéria et du Kenya.

La cryptomonnaie connait une croissance remarquable en Afrique subsaharienne. En quelques années, cette monnaie virtuelle a séduit de nombreux utilisateurs. La région est devenue, en août 2021, la première au monde en termes d’acquisitions ce ces devises par ses consommateurs, devant l’Amérique du Nord. En clair, l’équivalent de 80 millions de dollars de cryptomonnaies a été acquis par des usagers installées en Afrique subsaharienne, d’après UsefulTulips, entreprise spécialisée dans l’analyse de cette monnaie digitale.

Ce qui représente une hausse de 19% par rapport à la moyenne mensuelle, qui était de 67 millions de dollars durant la même période en 2020 et plus que les 79 millions de dollars dénombrés en Amérique du Sud. Mieux, cette partie du continent détenait des volumes d’acquisition 50% supérieurs à ceux de l’Asie-Pacifique, dont Singapour, et qui représentaient le triple de ceux d’Amérique latine.

Si l’Afrique subsaharienne a pu s’imposer comme leader mondial dans ce domaine, c’est grâce à la popularité grandissante de cette monnaie digitale auprès des utilisateurs locaux, particulièrement ceux du Nigéria. D’après le site spécialisé dans les statistiques Statista, 42% des Nigérians sondés en 2021 ont déclaré avoir déjà eu recours à la cryptomonnaie, contre 8% aux Etats-Unis, 7% en Chine et 5% en France.

Protéger les revenus
Le Kenya tire également son épingle dans ce lot, puisqu’il détient le plus grand nombre d’usagers de ces monnaies virtuelles en Afrique. Le nombre de comptes de possesseurs de cryptomonnaies dans ce pays d’Afrique de l’Est représente 8,5% de la population du pays, contre 7,1% en Afrique du Sud et 6,3% au Nigeria, selon Triple A, une entreprise singapourienne spécialisée dans ce secteur. Kenya, champion du monde…

Chain Analysis, une firme de recherche spécialiste des cryptomonnaies, va même plus loin en révélant que le taux d’adoption de la cryptomonnaie au Kenya est plus important que celui des États-Unis et de la Chine. Une annonce faite dans son Indice d’adoption des cryptomonnaies dans le monde publié en octobre 2021. Le pays des Safaris caracole en tête du Top 5 continental, devant le Nigéria, le Togo, l’Afrique du Sud et le Ghana.

D’après ce classement, le Kenya occupe la 5e place mondiale sur 154 pays. Mieux, Nairobi est même le champion du monde en volume d’échange de cryptomonnaies de particulier à particulier (P2P). En dehors de ce quinté, ces devises sont aussi utilisés dans d’autres pays africains tels que la Namibie, le Zimbabwe, et l’Algérie malgré leur interdiction par leurs Etats respectifs.

D’après les spécialistes de la cryptomonnaie, si en Amérique du Nord et en Europe du Nord ces monnaies virtuelles telles que le Bitcoin, l’Ether ou le Dogecoin sont utilisées dans des investissements institutionnels et professionnels, en Afrique c’est plutôt les particuliers qui y recourent. Et la raison est simple. Elles leur permettent de protéger leurs revenus et leur épargne face aux dévaluations des monnaies locales, d’acheter et de vendre des biens et services en étant moins impactés par l’inflation.

C’est aussi une alternative pour envoyer et recevoir des fonds depuis l’étranger à moindre coût et en toute sécurité, sachant que les coûts des transferts en Afrique subsaharienne sont les plus onéreux au monde, d’après la Banque mondiale.

Articles similaires