Crue mortelle de l'Oued Azilal: Un système de prévention et d'alerte face aux crues et inondations

En automne, l’alerte est au maximum. Le tragique décès de deux jeunes filles de 17 ans, dans la soirée du 1er septembre 2022, emportées par la crue du Oued Tersal, mobilisent les agences des bassins hydrauliques. Un système d’alerte est mis en place.

Le réchauffement climatique continue de faire des ravages. Après les feux de forêt, le Maroc fait face au risque des crues et des inondations. En automne, l’alerte est au maximum. Le tragique décès de deux jeunes filles de 17 ans, dans la soirée du 1er septembre 2022, emportées par la crue du Oued Tersal, dans la commune de Aït Bou Oulli, relevant de la province d’Azilal, a tiré la sonnette d’alarme.

La communauté d’Aït Bou Ouli a connu jeudi de fortes averses orageuses ayant provoqué des crues de l’Oued Tersal. Les deux victimes surveillaient leur bétail près de Oued Tersal, dans la commune de Aït Bou Oulli (province d’Azilal) quand elles ont été surprises par ces inondations puis emportées par la courant d’eau. Les corps des défuntes ont été retrouvés un peu plus tard au niveau des Douars d’Issekefen et d’Ourouhan près de Sidi Boulkhalaf. De lourdes pertes, c’est ce qu’on peut dire du bilan provisoire de ces précipitations.

Réparer les dégâts
Aux agences des bassins hydrauliques, l’heure est à la mobilisation générale. Certaines sont plus aux guets que d’autres, du fait qu’elles sont particulièrement confrontées aux risques d’inondations et de crues. Il s’agit en l’occurrence des agences des bassins hydrauliques (ABH) de Tensift et d’Oum Rabii. Celles-ci ont mis en place des systèmes de prévention et d’alerte aux crues (SAPC), afin d’avoir du temps pour évacuer les populations des zones à risques… et éviter le pire.

Ce système passe au peigne fin la pluviométrie, le niveau des cours d’eau et leur débit. A l’ABH d’Oum Rbii, les outils sont principalement installés dans les grands oueds, comme Oued Laabid, Oued Ahensal, Oued Oum Rabii et Oued Lakhdar. La prévision météorologique est surveillée par l’Agence d’Oum Rbii et non par de la Direction générale de la météorologie (DGM). L’Agence du bassin hydraulique de Tensift, elle, s’est dotée d’un Système de prévision et d’alerte complet, dont la mise en place s’est imposée depuis les inondations meurtrières de 1995. Ce fut l’une des plus meurtrières inondations qui ont frappé le Maroc. Elle a eu lieu dans la vallée de l’Ourika près de Marrakech et elle a fait 230 morts.

Ce drame corrobore tristement les données illustrées par la cartographie des sites à risque d’inondation prioritaires et dont Tensift, Oum Rbii et Guelmim font partie, publiée par le ministère de l’Eau et de l’environnement en 2008.

Si l’alerte est signalée, au niveau du ministère de l’Equipement et de l’Eau, la prévention est de mise. Au sujet des changements climatiques, le département de Nizar Baraka avait indiqué en avril 2022 que les inondations ont coûté près de 8 milliards de dirhams au cours des vingt dernières années.

Ces inondations sont la source de dégâts importants aux infrastructures sur le réseau routier et provoquent la rupture d’anciens barrages et ont rendu inaccessibles certains établissements, en plus de l’érosion des sols et de la perte d’installations de drainage.

Ce qui a poussé le ministère à allouer environ 5,85 milliards de dirhams pour réparer les dégâts des inondations, et mobiliser les ressources logistiques et humaines nécessaires. Mieux vaut anticiper alors !.