Il n'est de croissance que verte

La décarbonation de l’économie s’impose plus que jamais

Faire de l’Europe le premier continent neutre sur le plan climatique d’ici à 2050. Tel est l’objectif de l’UE pour faire face au défi de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici à 2030. L’Union Européenne entend, ainsi, par cette initiative, unique au monde, «ouvrir la voie vers une planète plus propre et une relance verte». Ce qui lui permettra de sortir plus forte de la pandémie de coronavirus en investissant dans une économie circulaire efficace dans l’utilisation des ressources, en promouvant l’innovation dans les technologies propres et en créant des emplois verts.

En faisant reposer ce nouvel objectif de neutralité climatique sur une analyse d’impact complète des, les responsables européens démontrent que leur démarche est réaliste et réalisable. La Commission a , en effet, défini les propositions législatives qui doivent être présentées d’ici juin 2021 pour mettre en oeuvre ce nouvel objectif, notamment: réviser et étendre le système d’échange de quotas d’émission de l’UE; adapter le règlement sur la répartition de l’effort et le cadre régissant les émissions liées à l’utilisation des sols; renforcer les politiques en matière d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables; et renforcer les normes en matière d’émissions de CO2 pour les véhicules routiers.

Par ailleurs, l’évaluation de l’Exécutif européen montre que l’UE «est sur la bonne voie pour dépasser son objectif actuel de réduction des émissions d’au moins 40 % d’ici à 2030, en particulier grâce aux progrès en cours dans le déploiement des énergies renouvelables dans toute l’Europe». Toutefois, il ressort de cette évaluation que «pour atteindre le nouvel objectif de 55%, l’UE devra encore accroître l’efficacité énergétique et la part des énergies renouvelables».

Le Maroc qui ne manque pas d’ambitions dans la lutte contre le changement climatique a tout intérêt à s’inspirer de cette démarche. Du fait des changements climatiques, le pays est plus que jamais appelé à faire face à la rareté de la ressource hydrique. D’ailleurs, le Plan National de l’eau qui trace la feuille de route sur 30 ans pour la période 2020-2050, s’avère être une réponse adéquate pour faire face à ce challenge.

De même, face à sa dépendance énergétique, il est plus que jamais amené à poursuivre sa mobilisation et son engagement pour améliorer sa stratégie des énergies renouvelables. Dans ce domaine, faut-il le rappeler, le Maroc avance à pas sûrs vers la transition énergétique et la diversification de son mix électrique, à travers le recours aux énergies renouvelables. Celles-ci représentent actuellement 36% dans le mix énergétique. L’objectif des 42% à l’horizon 2020 et celui de 52% en 2030 ne vise ni plus ni moins qu’à se doter d’une énergie verte à travers les plans Solaire, Eolien et Hydraulique.

Néanmoins, il reste que pour pouvoir réaliser une croissance verte, une action devra être menée dans tous les secteurs, notamment, l’industrie, les bâtiments et les transports. Secteurs qui demeurent les principaux consommateurs d’énergie et les principales sources d’émissions. La décarbonation de l’économie est à ce prix.