Croissance: le tableau pas très rose du FMI

Reprise, oui, mais insuffisante pour véritablement revenir au niveau d’avant la pandémie pour le Maroc, à en croire l’institution de Bretton Woods.

Pas de véritable reprise pour le Maroc avant l’année prochaine, à en croire le Fonds monétaire international (FMI). L’institution de Bretton Woods vient, ce 5 janvier 2021, de livrer un document fort exhaustif sur l’économie marocaine et son état actuel en pleine pandémie de Covid-19, et il va sans dire qu’elle ne manque pas d’arguments pour étayer son propos. Premier de ces arguments: simplement le fait qu’on ne sait pas quand et comment exactement va se terminer la pandémie.

Le vaccin, que les Marocains doivent commencer à se faire administrer “dans les prochains jours” selon le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb, sera-t-il vraiment de nature à l’endiguer et permettre enfin de revenir à des jours plus cléments? Le FMI n’y revient pas vraiment, mais pour lui la situation actuelle risque bien de se prolonger pour bien longtemps encore.

Ce qui bien évidemment, au plan économique pur et dur, n’est pas sans incidence: qui dit pandémie qui persiste dit aussi maintien des différents confinements déclarés ici et là à chaque fois qu’il y a résurgence du nombre de cas, dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire décrété par les autorités marocaines voilà bientôt un an déjà. Et donc, aussi, une activité économique en berne, touchant aussi bien les entreprises que les salariés, dont beaucoup se sont, au cours des derniers mois, retrouvés au chômage, sans véritable opportunité de rebondir en raison d’un marché du travail qui, concomitamment, se trouve plus que jamais en déliquescence.

Combler le déficit
À cet égard, le FMI en appelle au gouvernement à mettre davantage la main à la poche, pour permettre à tous de passer le cap de la crise avec le moins de dommages, même si c’est loin d’être évident du fait que l’État lui-même n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent par les temps qui courent et doit s’endetter pour combler le déficit de son budget. Mais pour le fonds, il y a moyen de faire quelque chose, surtout si cet État se serre la ceinture en coupant dans ses dépenses et en les orientant vers des postes autrement urgents. En gros, il s’agirait d’une “austérité éclairée”.

Outre la conjoncture interne, il ne faut pas oublier, aussi, qu’aucun pays n’échappe à la pandémie. Conséquemment, ce sont pratiquement les mêmes mesures sanitaires que l’on retrouve ailleurs, notamment du côté des principaux partenaires commerciaux du Maroc, d’ores et déjà voués à la récession. Ce qui implique, pour le Royaume, moins de demande externe, et donc une autre problématique à régler au niveau de l’export.

En termes chiffrés, on pourra observer, selon le FMI, une croissance de 4,5% au cours de l’exercice en cours, mais elle est à nuancer car elle ne contrebalance pas la chute du produit intérieur brut (PIB) qui aurait atteint en 2020 -7,2%. Et ceci, dans le meilleur des cas. La patience donc devra être encore, semble-t-il, la vertu cardinale à adopter pour au moins douze autres mois supplémentaires.


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