La croissance fera du surplace cette année par rapport à 2020

CONJONCTURE

Le Centre marocain de conjoncture a recommandé une adaptation de la stratégie industrielle du Maroc pour se positionner après la pandémie du Covid-19, en développant les facteurs d’attractivité pour tirer profit de la dynamique de relocalisation tout en appuyant les projets de substitution à l’importation.

Malgré sa lenteur, la reprise économique se profile au Maroc et l’incertitude ne serait plus de mise. C’est ce qu’estime le Centre marocain de conjoncture (CMC) dans sa lettre mensuelle sus le thème «Post-Covid: Défis et opportunités pour l’économie nationale». Le Centre prévoit ainsi une croissance de 6,7% cette année.

Toutefois, il faut savoir que le Produit intérieur brut (PIB) du Maroc a chuté de 6,3% l’année dernière, alors qu’il était de 2,5% en 2019. Si l’on compare la croissance de 2021 avec celle de 2020, elle ferait du surplace cette année. Quoi qu’il en soit, plusieurs facteurs tendent vers une amélioration des agrégats économiques, à savoir l’amélioration des conditions sanitaires constatée au milieu du premier semestre 2021, la cadence soutenue du déroulement de la campagne de vaccination, la reprise qui se profile pour l’économie mondiale et l’excellente campagne agricole, précise le CMC qui indique que «ce sont là les conditions favorables et les principaux facteurs propices qui présagent d’un relèvement appréciable de l’économie nationale en 2021».

De même, la confiance des agents économiques s’est nettement améliorée ces derniers mois. «La dynamique récente des enquêtes conjoncturelles suggère que les entreprises et les ménages commencent à envisager l’avenir avec plus d’optimisme, confortés par la conviction que l’incertitude se réduira et que les mesures sanitaires et les vaccinations finiront par porter leurs fruits», déclare le Centre dans sa lettre mensuelle.

En effet, au niveau international, les résultats des enquêtes d’IHS Markit sur les indices des directeurs d’achat sont très encourageants notamment pour les pays développés. Dans la zone Euro, l’activité manufacturière progresse de manière considérable et la croissance des services s’accélère à la faveur des assouplissements des mesures de restriction. Le PMI composite dans la zone Euro a atteint son meilleur niveau en mai 2021, et ce depuis février 2018. Ce qui augure d’une dynamisation des échanges commerciaux entre le Maroc et ses partenaires européens.

Vulnérabilité des chaînes de valeur
Sur un autre registre, le Centre marocain de conjoncture a recommandé une adaptation de la stratégie industrielle du Maroc pour se positionner après la pandémie du Covid-19. La crise de l’offre causée par la propagation de la pandémie et la persistance de ses effets sur la performance économique à travers le monde, a, en effet, relancé le débat au sujet de la libéralisation des échanges et la relocalisation des systèmes de production.

La pénurie des produits médicaux en pleine crise sanitaire et les difficultés d’approvisionnement ayant affecté de nombreux produits stratégiques a révélé au grand jour la vulnérabilité des chaînes de production mondiales. Le retour à certaines formes de protectionnisme avec l’imposition de restrictions plus fortes au commerce ainsi que l’évocation de projets de relocalisation sont de nature à accentuer cette vulnérabilité.

Le Maroc, qui se présente comme une économie ouverte visant une plus grande intégration au commerce mondial, ne pourrait qu’adapter son modèle de développement à cette nouvelle donne, lance le CMC, avant de préciser que la politique industrielle pour l’après-pandémie devrait développer les facteurs d’attractivité pour tirer profit de la dynamique de relocalisation tout en appuyant les projets de substitution à l’importation.