La croissance du Maroc ne reviendra à la normale qu'à partir de 2022

RAPPORT DE LA BANQUE MONDIALE

Le Maroc passe par une grave récession et presque tous les secteurs sont touchés. La Banque mondiale dresse un tableau noir de la situation économique actuelle et ne prévoit un retour à la croissance d’avant-pandémie que dans deux ans.

C’est un constat alarmant que la Banque mondiale a dressé de la situation économique au Maroc. «Le choc du Covid-19 pousse brusquement l’économie marocaine dans une grave récession, la première depuis 1995. L’économie devrait être doublement affectée par les chocs économiques intérieurs et extérieurs. Le PIB réel devrait se contracter de 4% en 2020 dans le scénario de référence, ce qui contraste fortement avec l’expansion de 3,6% prévue avant l’épidémie», lance d’emblée l’institution de Bretton Woods dans son dernier rapport de suivi de la situation économique au Maroc.

Peu de secteurs ont été épargnés, selon la Banque mondiale, mais la contraction est principalement due à une baisse de la production de biens et services, une réduction des exportations, une perturbation des chaînes de valeur mondiales, ainsi qu’à une baisse du tourisme due aux restrictions de voyage et aux fermetures de frontières. Une extension des mesures de confinement aura, par ailleurs, un impact négatif à court terme sur la croissance du PIB réel, avertit la Banque mondiale. Le marché du travail, quant à lui, fait face à un choc de proportions historiques, les travailleurs vulnérables, notamment ceux du secteur informel, étant particulièrement touchés, s’alarme l’institution financière.

Pertes généralisées
«Les entreprises ont été confrontées à des perturbations des chaînes de valeur, à la mobilité des travailleurs, à des fermetures temporaires ainsi qu’à un ralentissement de la demande mondiale. Les effets négatifs combinés ont conduit à des pertes d’emplois et de revenus généralisées. L’aide gouvernementale a en partie atténué la perte pour 19% des ménages», lit-on dans le rapport. Concernant les déficits jumeaux, ils devraient se détériorer mais resteront gérables, tempèrent les experts de la Banque mondiale. «Malgré la baisse des importations, le déficit du compte courant devrait se creuser et atteindre 8,4% en 2020, reflétant une forte baisse des recettes d’exportation et touristiques ainsi que des transferts. Le déficit budgétaire global devrait s’élargir à 7,5% du PIB en 2020, près de 4 points de pourcentage de plus que prévu avant Covid-19 . La dette publique y compris extérieure devrait aussi augmenter mais rester soutenable», selon le document.

Par rapport aux perspectives, la reprise économique post-pandémique devrait longue, la croissance ne revenant à la tendance d’avant la pandémie qu’en 2022. Le degré élevé d’incertitude entourant le rythme de reprise est intrinsèquement lié à des facteurs tels que la découverte de traitements efficaces contre le Covid-19, ainsi que les actions futures des décideurs et l’évolution de l’économie mondiale. Le rythme dépendra également du comportement des ménages et des entreprises, qui devraient prendre d’énormes précautions, ce qui pourrait être, s’inquiète la Banque mondiale, un frein important à la consommation et à l’investissement privés.

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