Croissance: Le HCP pas si optimiste que cela

Le Haut Commissariat au plan (HCP) n’est, pour le moins, pas vraiment confiant pour l’économie marocaine. Pour cette année 2022, il ne prévoit pas que la croissance dépasse les 1,3%. Son secrétaire général, Ayachi Khellaf, qui a donné une conférence de presse ce 14 juillet 2022 dans la ville de Rabat, a expliqué que cela était principalement dû à la baisse de la valeur ajoutée de l’agriculture. Il faut dire que cette dernière a énormément pâti de la sécheresse ayant marqué la campagne agricole. On s’attend, ainsi, que son produit intérieur brut (PIB) recule de pas moins de 13,5%.

En même temps, les secteurs secondaire et tertiaire n’ont pas assez performé pour compenser le gap. Leur croissance devrait, toujours selon le HCP, se limiter à respectivement 1,5% et 4,5%.

De fait, il faudrait sans doute d’ores et déjà tourner la page et s’orienter plutôt vers le prochain exercice, ce que fait d’ailleurs l’institution dirigée par Ahmed Lahlimi Alami. En 2023, elle s’attend, concrètement, à ce que la croissance nationale s’établisse à 3,7%. Mais cela reste également tributaire d’une bonne campagne agricole ainsi que du maintien du prix du baril de pétrole au-dessous de 100 dollars, car au-delà il serait sans doute difficile d’atteindre ce chiffre qui reste déjà en lui-même fortement modeste. De même, rien ne garantit une reprise de la demande étrangère, du fait des politiques déflationnistes menées par les principales banques centrales du monde -la Banque centrale européenne (BCE), la Fed aux États-Unis- et qui, en réalité, devrait sans doute provoquer une des pires récessions internationales depuis au moins la crise financière de 2008. En tout état de cause, même des prévisions de croissance en elles-mêmes pas si optimistes que cela devront éventuellement être revues à la baisse.

Le Maroc semble donc loin d’être encore sorti de l’auberge, après deux exercices où il n’a déjà pas tant avancé car la croissance de 7,9% de 2021 a à peine permis de combler la décroissance de 2020 consécutive à la déclaration de l’état d’urgence sanitaire.