Crise sociale: Le Maroc a évité le pire

Les mesures sociales destinées à venir en aide aux populations démunies impactées par la crise du Covid-19 a évité au Maroc une grave crise sociale. Grâce à l’impulsion et à la volonté royale, notamment à travers le lancement du Fonds de lutte anti Covid-19 et l’élan de solidarité des Marocains qui s’en est suivi, le Maroc a pu traverser la phase aiguë de la crise sans trop de dégâts.

Un chômage en hausse, des faillites à la pelle et des défaillances en termes de couverture sociale et de filets sociaux. La crise du Covid-19 a mis à nu plusieurs dysfonctionnements dans nos services sociaux et a aggravé la vulnérabilité d’un grand nombre de Marocains. La crise économique qui a suivi celle sanitaire a mis à rude épreuve l’économie marocaine, impactant plusieurs secteurs névralgiques et réduisant les revenus des ménages marocains comme peau de chagrin. Cette crise a fait perdre au Maroc plusieurs années en termes d’avancées en matière de développement humain.

«Au cours des vingt dernières années, le Maroc a réussi une réduction significative de la pauvreté monétaire, passée de 15,3% en 2001 à 4,8% en 2014 selon le Haut-Commissariat au Plan. Cependant, les nouvelles estimations de la Banque mondiale, basées sur le revenu par habitant, indiquent que l’incidence de la pauvreté pourrait atteindre 6,6% en 2020. Par ailleurs, en raison de la crise économique et sociale déclenchée par le Covid-19, la proportion de personnes vulnérables à la pauvreté et/ou pauvres pourrait passer de 17,1% de la population en 2019 à environ 19,87% en 2020, soit 1,058 million de personnes additionnelles», lit-on dans une note stratégique publiée conjointement par le HCP, le Système des Nations unies pour le développement (SNUD) au Maroc et la Banque mondiale.

Populations vulnérables
L’impact de la crise a été ressenti en premier lieu et durement par les travailleurs du secteur informel, qui représentent une grande majorité des Marocains actifs, ainsi que les populations étrangères, incluant les migrants et les réfugiés. Cette population est généralement employée dans des secteurs particulièrement vulnérables à la crise, comme le secteur du tourisme, des transports, de la vente au détail et les secteurs où le travail ne peut pas se faire à distance, comme dans les hammams, les salles de sport et les cafés et restaurants.

Pour atténuer les effets de cette crise, l’Etat, sous l’impulsion royale, a lancé plusieurs initiatives pour venir en aide aux populations vulnérables à travers des subventions et des indemnités pour perte d’emploi. Des aides qui, malgré leur efficacité à court terme, n’ont pas pu éviter le déclenchement de manifestions sporadiques dans quelques régions du Royaume.

La dernière en date est celle des habitants de la région M’diq-Fnideq qui ont été doublement affectés; à cause de la crise du Covid-19 et de la fermeture des postes frontaliers de Sebta et Mellila. Des manifestions qui ont été rapidement contenues, en répondant efficacement aux revendications des habitants grâce aux initiatives de l’Entraide Nationale et du ministère de l’Intérieur.

La Maroc a traversé une année 2020 marquée par une crise sociale profonde, une crise dont les répercussions se font encore sentir. Toutefois, elle aurait pu être plus dramatique si ce n’était le lancement de programmes et mesures urgentes à travers des allocations santé plus importantes et de couverture sociale. Le conditionnement des mesures de soutien aux entreprises par un maintien d’au moins 80% des emplois, a, par exemple, été salvateur pour bon nombre d’employés.

Malgré les caisses vides de l’Etat et la pression budgétaire, le gouvernement a essayé tant bien que mal de traduire sur le terrain la volonté royale, qui a mis le citoyen au centre des préoccupations en ces temps de crise. Ceci sans oublier l’esprit de solidarité dont ont fait preuve les Marocains et ceux résidant à l’étranger.

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