Face à la crise mondiale, la coopération régionale s’impose

Un monde multipolaire est en train d'émerger.

À l’heure où les réseaux de transports et de la logistique sont perturbés travers le monde, et à l’heure où la guerre en Ukraine fait rage et où le risque d’une immense crise alimentaire provoque l’inquiétude de nombreux pays qui ne sont pas autosuffisants en produits de première nécessité, les pays du continent africain ne peuvent plus compter sur le reste du monde. La coopération régionale intra-africaine s’impose plus que jamais. Aussi, la suppression des obstacles au commerce transfrontalier et la création de sites de production régionaux capables de produire des biens essentiels relève d’une urgence prioritaire pour l’Afrique.

Alors que s’estompent les lignes de partage idéologiques d’antan, que les promesses d’un «nouvel ordre international» faites par Washington au lendemain de la première guerre du Golfe ne pointent guère à l’horizon, un monde multipolaire émerge dans le chaos. Il offre une marge de manoeuvre élargie aux pays africains qui disposent, déjà, de la plus grande union douanière du monde: la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).

Zone de libreéchange qui a ouvert une nouvelle ère pour le commerce panafricain. La Zlecaf donne aux pays du continent l’occasion d’aller encore plus loin. Les progrès dans les négociations et les ratifications ont été rapides et l’accord récent sur les règles d’origine est un grand pas en avant. Les Etats africains pourront, ainsi, saisir cette occasion, non seulement pour développer des réseaux de transport, mais aussi élargir l’accès à internet et profiter des opportunités offertes par la révolution numérique qui déferle sur le continent.

Cette coopération régionale s’impose d’autant plus que la 1ère réunion ministérielle des Etats Africains Atlantiques qui vient de se tenir récemment à Rabat à l’invitation du Maroc, constitue une occasion de concevoir une vision africaine commune sur cet espace vital, de promouvoir une identité atlantique africaine et de défendre d’une seule voix les intérêts stratégiques du Continent.

Cette réunion ministérielle, dont les travaux s’articulent autour de trois thématiques, à savoir, «Dialogue Politique, de Sécurité et de Sûreté», «Économie Bleue et Connectivité» et «Environnement et Énergie», constitue, à plusieurs titres, une occasion de concevoir une vision africaine commune sur cet espace vital, de promouvoir une identité atlantique africaine et de défendre d’une seule voix les intérêts stratégiques du Continent.

Enfin, et parallèlement à cette coopération régionale intra-africaine élargie, une réponse régionale et internationale forte, guidée par un impératif de solidarité et de responsabilité partagée impliquant un partenariat encore plus solidaire et plus innovant entre les pays du sud et du nord de la Méditerranée s’impose aussi pour surmonter les effets de la crise de la pandémie et relancer les secteurs économiques clés des pays méditerranéens.

La pandémie de la Covid-19 a, en effet, exacerbé les fragilités des modèles de développement des sociétés des deux rives aux plans économique, social et environnemental, appelant à une réforme profonde des systèmes de santé, de protection sociale et de mode de production pour développer des chaines de valeur autour de la région méditerranéenne