La crise Maroco-Espagnole s'enlise

Les provocations du gouvernement Sanchez se poursuivent

L’ambassadrice du Royaume du Maroc en Espagne, Karima Benyaich, convoquée plus tôt dans la journée du mardi 18 mai 2021 par la ministre espagnole des Affaires étrangères Arancha González Laya, a été rappelée à Rabat pour consultation après les événements survenus à Sebta depuis lundi.

Quelques heures après sa convocation, dans la matinée du mardi 18 mai 2021, au siège madrilène du ministère des Affaires étrangères espagnol pour lui exprimer le «mécontentement» du gouvernement espagnol face à l’arrivée la veille de près de 8.000 migrants à Sebta (Ceuta), Karima Benyaich, l’ambassadrice du Royaume à Madrid, a été rappelée à Rabat pour consultations.

A l’issue de sa réunion avec Arancha González Laya, dans une déclaration à l’agence Europa Press, Mme Benyaich a d’abord jugé “inhabituelle” la rapidité avec laquelle elle a été convoquée par le ministère espagnol, au lendemain des événements survenus à Ceuta.

“Il y a des actes qui ont des conséquences et ils doivent être assumés”, a expliqué la diplomate à Europa Press avant sa rencontre avec la ministre Arancha González Laya, évoquant par là l’accueil du chef des séparatistes Brahim Ghali sur le territoire espagnol pour y recevoir des soins sous une fausse identité.

“Les relations entre pays voisins et amis doivent être fondées sur une confiance mutuelle, qui doit être travaillée et entretenue”, a-t-elle mentionné avant de préciser qu’il y a “des attitudes qui ne peuvent être acceptées”, faisant allusion vraisemblablement cette fois aux insinuations du gouvernement espagnol laissant entendre que le Maroc a toléré l’immigration clandestine de milliers de Marocains vers le préside occupé de Ceuta.

Dans la même lignée, Karima Benyaich a aussi qualifié d’“inhabituelle” la rapidité avec laquelle elle a été convoquée par la ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha González Laya, et a indiqué ne pas exclure que le gouvernement marocain la convoque pour des consultations dans les heures à venir. «Je lui ai rappelé que le contrôle des frontières a été et doit rester de la responsabilité partagée de l’Espagne et du Maroc», a déclaré, pour sa part, Arancha Gonzalez Laya.

Réaction à chaud
À Rabat, le ministère des Affaires étrangères marocain a annoncé, quant à lui, le rappel immédiat “pour consultation” de son ambassadrice. Un ton qui en dit long sur la crise diplomatique entre les deux pays, qui a atteint son apogée suite à la facilitation par l’Espagne de l’entrée sur son territoire et son admission dans un hôpital public de Brahim Ghali, chef du Polisario, avec un faux passeport algérien.

Cette affaire a envenimé les relations de coopération bilatérales qui ont été toujours qualifiées d’excellentes, notamment en matière de lutte contre le terrorisme mais aussi et surtout au contrôle des frontières entre le Maroc et l’Espagne, porte d’entrée vers l’Europe.

L’escalade du côté espagnol ne s’est pas arrêtée à ce stade. Dans un geste de pure provocation, le Premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, est arrivé l’après-midi à Ceuta, où il a affirmé: “Nous allons rétablir l’ordre dans la ville et à nos frontières le plus rapidement possible”.

En effet, le voisin ibérique a déployé son armée sur les frontières. Une réaction à chaud qui ne durera pas longtemps. Car l’Espagne connait pertinemment l’apport du Maroc dans deux domaines d’une importance stratégique: l’immigration clandestine et la lutte contre le terrorisme.