Crise Maroc-Espagne: Le gouvernement Pedro Sanchez a creusé sa propre tombe

L’Espagne est sortie indéniablement perdante dans sa bataille avec le Maroc. En accueillant en catimini le chef du Polisario, Brahim Ghali, le gouvernement Pedro Sanchez s’est tiré une balle dans le pied.

Le gouvernement de Pedro Sanchez est sous les feux des critiques. Depuis l’éclatement de la crise diplomatique avec le Maroc, le gouvernement espagnol traverse une profonde crise interne, menée principalement par les partis de l’opposition.

Gestion hasardeuse de la crise avec le Maroc, incompétence et amateurisme du gouvernement, une image à l’international qui fond comme neige au soleil, en plus d’une crise économique et sociale brutale, sans oublier la mauvaise gestion de la campagne de vaccination en Espagne. L’incertitude marquant les perspectives de croissance en Espagne ne fait qu’enfoncer ce gouvernement dans une crise dont l’onde de choc promet d’être dévastatrice.

L’affaire Brahim Ghali a ouvert une boîte de pandore difficile à refermer pour Pedro Sanchez. Sous-estimant le poids régional et international du Maroc, les Espagnols ont multiplié les échecs et ont démontré leur fragilité et leur manque de rayonnement à l’international. Le recours au parlement européen a été un fiasco et l’entretien de 29 secondes entre Pedro Sanchez et le président américain, Joe Biden, a été l’humiliation ultime pour un gouvernement qui se disloque à grande vitesse.

Début juin, Teodoro Garcia Egea, secrétaire général du Parti populaire (PP), principale formation de l’opposition, a tenu des propos incendiaires à l’encontre du gouvernement. Dans un entretien à la télévision espagnole TVE, il a demandé la «démission immédiate» de Arancha Gonzalez Laya, ministre espagnole des Affaires étrangères. «La ministre doit démissionner immédiatement pour la gestion calamiteuse de la crise avec le Maroc et l’affaire de Brahim Ghali. Le gouvernement a agi de manière lamentable. Il n’a pas géré avec transparence l’entrée et la sortie de Brahim Ghali», a-t-il déclaré.

Des propos confirmés par le général José Luis Ortiz-Canavate, chef de la base aérienne de Saragosse. Ce dernier a assuré au juge chargé de l’enquête sur l’affaire Brahim Ghali que c’est la ministre des Affaires étrangères espagnol qui a ordonné de ne pas contrôler les passagers d’un avion qui transportait un malade. Il s’est avéré qu’il s’agissait de Brahim Ghali, un criminel notoire poursuivi en justice en Espagne pour des crimes atroces commis de surcroît sur des Espagnols.

Le ministère de la Défense espagnol se joint ainsi aux partis de l’opposition et à la société civile espagnole, reconnaissant le rôle direct du gouvernement dans cette crise inédite dont les répercussions ont été lourdes, particulièrement du point de vue économique. L’exclusion des ports espagnols de l’opération Marhaba 2021 a été le coup de massue pour plusieurs villes et ports espagnols, où plusieurs secteurs d’activités dépendent étroitement de cette opération.

«L’exclusion des ports espagnols par le Maroc aura un impact désastreux sur l’activité des compagnies maritimes espagnoles. Rien qu’à Motril, cela représente une perte de 20 millions d’euros. Cette exclusion affectera les ports d’Algésiras, de Tarifa, de Malaga, de Motril, d’Almeria, d’Alicante, de Sebta et Mélilia. C’est tragique», a tweeté Macarena Olona, membre du Congrès des députés d’Espagne.

Au port d’Algésiras, on estime le manque à gagner à 11 millions d’euros et 300 emplois détruits. Le journal espagnol La Razon estime, quant à lui, les pertes liées à l’exclusion des ports espagnols de l’opération Marhaba, à plus de 1,5 milliard d’euros.

Sur le volet sécuritaire, les services espagnols ont manifesté à plusieurs reprises leur inquiétude quant à la poursuite de la crise avec le Maroc. Grâce aux informations pertinentes et fiables des renseignements marocains, plusieurs attentats ont été évités chez le voisin ibérique.

Que ce soit sur le plan politique, sécuritaire, économique ou social, l’Espagne est sortie indéniablement perdante dans sa bataille diplomatique avec le Maroc. Un échec cuisant qui ne fera qu’accélérer la descente aux enfers du gouvernement de Pedro Sanchez.