CRISE MALIENNE: BOURITA SUR PLACE


Nasser Bourita reçupar le président Bah N’Daw

C’est sur instructions du roi Mohammed VI que le ministre des Affaires étrangères vient de faire le déplacement ce 29 septembre 2020 au Mali, où ses interlocuteurs lui ont fait part de “leurs sincères remerciements” envers le Souverain.

La Maroc continue de tenir la corde au Mali. Sur instructions du roi Mohammed VI, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, vient de se rendre ce 29 septembre à Bamako pour rencontrer les nouveaux tenants du pouvoir dans la capitale malienne, suite au coup d’État du 18 août dernier.

À cet égard, le chef de la diplomatie a aussi bien eu l’occasion de s’entretenir avec le tout nouveau président de transition, à savoir Bah N’Daw, officiellement installé le 25 septembre après avoir prêté serment devant la cour suprême, que son vice-président, le colonel Assimi Goïta, qui n’est autre que le leader des putschistes. Était également présent, à cette occasion, le Premier ministre de transition, Moctar Ouane.

“Sollicitude permanente’’
Par la suite, M. Bourita a été reçu par les dignitaires religieux les plus éminents du pays, à l’instar du fameux chérif de Nioro, Bouyé Haïdara, leader de la tariqa soufie de la hamawiyya, ou encore de l’ancien président du Haut Conseil islamique malien (HCIM), Mahmoud Dicko, dont les appels en faveur de la démission d’Ibrahim Boubacar Keïta ont sans doute fortement contribué à la chute du désormais ex-président du Mali -qui se trouve actuellement, depuis le 5 septembre, aux Émirats arabes unis, où il a été hospitalisé quinze jours durant suite à l’accident vasculaire cérébral (AVC) qu’il avait essuyé au cours de la résidence surveillée où il avait été placé le 27 août.

Selon une dépêche produite par l’agence Maghreb arabe presse (MAP), les interlocuteurs maliens ont tous exprimé “leurs sincères remerciements” au roi Mohammed VI pour sa “sollicitude permanente”, dans la lignée des propos tenus par le colonel Goïta le 25 août lors de la réception qu’il avait accordée au camp militaire de Kati, à 15km de Bamako, à l’ambassadeur du Maroc, Hassan Naciri. Celui qui occupait alors le poste de président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) avait, pareillement, exprimé sa “profonde gratitude” envers le Souverain, sachant que le Royaume avait été, dès le 20 août, le premier pays à prendre langue avec lui.

Pour le Maroc, il s’agit surtout de reprendre la main dans un pays en proie à l’instabilité depuis janvier 2012 et la sécession déclenchée par les indépendantistes touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) dans le Nord et qui, surtout, s’est trouvé devenir au fil des années un des principaux foyers terroristes du Sahara et du Sahel, avec notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, et bien sûr Daech.

La médiation menée par l’Algérie en 2015 et ponctuée par la signature d’accords entre les belligérants n’a, ainsi, abouti à rien et a même conduit à une aggravation de la crise, avec le déclenchement de heurts au Centre entre mouvements jihadistes et milices dogonnes à partir de la fin de l’année 2016, et Rabat peut s’enorgueillir d’entretenir de bonnes relations avec tout le monde -même le secrétaire général du MNLA, Bilal Ag Acherif, et son porte-parole, Mossa Ag Attaher, avaient, de leur propre initiative, été reçus en janvier 2014 par le roi Mohammed VI au palais royal de Marrakech...


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