Crise économique: Rabat veut unir les Africains

Face à la crise économique actuelle consécutive à l’invasion en cours depuis le 24 février 2022 de l’Ukraine par la Russie, l’Afrique se doit de former “un bloc uni et pragmatique”. C’est en tout cas ce qu’a plaidé le représentant permanent du Maroc auprès de l’Union africaine (UA) et de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Mohamed Arrouchi, dans son intervention de ce 11 avril 2022 à la deuxième réunion du sous-comité des représentants permanents de l’UA (COREP), présidée d’ailleurs par le Royaume.

Concrètement, le diplomate marocain a appelé à “optimiser l’exploitation” des “potentialités” et des “ressources” du continent dans le cadre de ce qu’il a qualifié d’“approche globale et pragmatique”, notamment dans le domaine de l’énergie, où l’Afrique connaît, comme chacun le sait, une grande dépendance vis-à-vis de l’extérieur.

A ce dernier égard, M. Arrouchi a mis l’accent sur l’importance de “l’exploitation complète des ressources en pétrole et en gaz naturel et la diversification des sources d’énergie à travers la promotion des énergies solaire, éolienne, marine, hydroélectrique et géothermique”.  “Il faut passer par des investissements supplémentaires et massifs,” a-t-il estimé, en renvoyant par ailleurs au mécanisme de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), entrée en vigueur le 1er janvier 2021 et qui, selon lui, constitue “un outil efficient pour surmonter cette difficulté économique structurelle, notamment à travers la reconfiguration de nos économies, la production transformée, l’approvisionnement de notre marché continental avec des biens et des services compétitifs sur le marché mondial, l’industrialisation et la réalisation de la croissance économique”.

Pour en rester à l’énergie, il faut rappeler que s’il ne bénéficie pas de grandes ressources pétrolières et gazières à proprement parler, le Maroc reste tout de même un exemple au niveau africain en ce qui s’agit du développement des énergies renouvelables notamment solaire et éolienne, dans le cadre de son objectif de faire que ces énergies constituent à l’horizon 2030 52% de son mix énergétique. Il a aussi signé avec différents autres pays, notamment l’Allemagne et le Royaume-Uni, des accords pour que ceux-ci soient approvisionnés en énergie depuis les infrastructures marocaines (hydrogène vert pour l’Allemagne et solaire pour le Royaume-Uni par le biais du câble sous-marin de la compagnie Xlinks). Un modèle qui gagnerait tout de même, du moins donc aux yeux des officiels marocains, d’une meilleure complémentarité avec les autres pays africains.