La crise du coronavirus met à nu les secteurs de la santé et de l'éducation

L'AUTRE ÉPIDÉMIE À COMBATTRE

Cette première interrogation s’impose à l’évidence : le bilan social actuel aide à éclairer l’état des lieux. La pandémie du COVID-19 n’est qu’une polarisation d’une situation. Elle atteste, au plan sanitaire, que le système de santé n’est pas à la hauteur des exigences de cette crise ; il est largement insuffisant voire défaillant. Certes, bien des “stratégies” et même des “visions” ont été mises en oeuvre ou sont encore sur la table. Des progrès ont été également enregistrés dans les soins de base (nourrissons, femmes enceintes, maladies chroniques…). Mais l’on reste encore loin du compte.

Les indicateurs nationaux comparés aux normes de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) témoignent de cette situation. Il n’y a en effet que quelque 150 hôpitaux avec 24.000 lits et 2200 centres de santé de soins primaires ; 360 cliniques privées avec 10.500 lits. Les ratios sont dans le même palier : 7 médecins pour 10.000 habitants, 30.000 agents dans le paramédical, des dépenses de santé de 170 dollars par personne et par an, une part de 6% dans le PIB et 8% dans le budget général de l’État. Résultat des courses : les Marocains sont mal soignés et 21% d’entre eux ont une maladie chronique.

Ce COVID-19 met désormais les choses à nu : le secteur de la santé a été marginalisé. Il doit être au coeur des politiques sociales et plus globalement du modèle de développement. Mais il y a plus. Référence est faite à un autre grand secteur social : celui de l’éducation. Pas seulement la formation et l’apprentissage avec des programmes mais aussi les valeurs citoyennes et civiques qui doivent être charriés. Des comportements au quotidien illustrent les incivilités, l’irrespect des règles et des normes, bref un rapport largement sujet à caution avec la vie sociale.

Que des contraintes budgétaires pèsent sur les politiques publiques, leur nature et leur dimension, n’est guère contestable. Mais avec les mêmes allocations de ressources, depuis tant d’années, ne pouvait-on pas faire plus et mieux ? L’approche comptable qui a toujours prévalu jusqu’à présent n’est plus opératoire. Elle ne peut perdurer parce qu’elle ne prend pas en compte les conditions de travail et de vie des citoyens.

Elle minore aussi la place et le rôle de l’État qui n’est pas seulement une “machine” institutionnelle gérant les grands agrégats économiques et financiers, cet État renoue avec sa fonction sociale, tournée vers le citoyen, la personne, l’individu avec ses besoins, ses attentes et ses aspirations. Le social ! Voilà le défi d’aujourd’hui. Et de demain...


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