Crise Algérie-Maroc : La frustration algérienne

Souhaitant visiblement toujours maintenir l’illusion de l’existence d’un climat de guerre avec le Maroc, le régime algérien ne rate plus une occasion d’en remettre une couche, au point que ça en devient, in fine, pitoyable. Par le biais de son ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, la voisine de l’Est a, ce samedi 21 mai 2022, démenti l’existence d’une médiation saoudienne avec le Royaume, qui à la base n’est pas sur la table, dans des déclarations dont le but ultime était sans doute de s’en prendre d’abord encore à la partie marocaine et lui attribuer le mauvais rôle dans la croisade qu’elle mène à son encontre depuis plus de deux ans.

“Il n'y a pas eu de médiation... il n'y en aura jamais, ni aujourd'hui, ni demain,” a-t-il déclaré dans des propos rapportés par l’agence Algérie presse service (APS). Sous-entendu que c’est son pays qui dictait le tempo, et qu’aussi le Maroc avait quelque chose à se reprocher au point de devoir nécessiter la médiation de pays tiers pour soi-disant se réconcilier avec l’Algérie. Il a d’ailleurs attribué au Maroc “la responsabilité pleine et entière” de “la dégradation des relations”. Dans le même sens, une “source diplomatique” citée le même jour par l’APS et dont le ton fruste rappelle celui du soi-disant “envoyé spécial chargé du Sahara occidental et des pays du Maghreb”, Amar Belani, a déclaré que les “raisons qui ont conduit à la décision de rupture des relations n’ont pas changé et [que] la position de l’Algérie, à cet égard, ne changera pas non plus”.

En tout cas, ces déclarations en disent long sur l’état de frustration d’Alger, dont les provocations des derniers mois, à commencer par celle du président algérien, Abdelmadjid Tebboune, n’ont non seulement rien donné, puisqu’au contraire le Maroc a été renforcé comme l’a illustré l’amélioration de ses relations avec l’Allemagne et l’Espagne, mais l’a en plus isolé au sein de l’environnement arabe et africain. Ce qui était également palpable à l’issue de la récente conférence internationale pour la lutte contre l’organisation internationale de Daech tenue le 11 mai 2022 dans la ville de Marrakech et au cours de laqquelle la majorité des pays présents ont eu des positions favorables à l’intégrité territoriale du Maroc. La diplomatie algérienne avait dénoncé le lendemain “un vacarme de déclarations orchestrées par le pays-hôte”.