62 milliards de dirhams de crédits Relance et Oxygène octroyés

Deux programmes de financement d’entreprises en difficulté du fait de l'épidémie

Ces mesures visant à juguler les répercussions de l’épidémie ont permis au secteur bancaire de prendre des risques calculés et d’octroyer des crédits garantis jusqu’à 95% aux entreprises. Ce qui a permis de freiner la faillite des entreprises et le taux du chômage.

L’année 2020 aura été particulière à bien des égards du fait des répercussions de l’épidémie du Covid-19, qui a causé une récession économique de 6,3%. Initiative royale, la mise en place d’un fonds spécial pour la gestion de la pandémie Covid-19, mobilisant 34,5 milliards de dirhams, a permis de financer le soutien aux entreprises et ménages affectés par la crise. Concernant les mesures de soutien au financement de l’économie, des moratoires sur les crédits et des prêts de trésorerie garantis par l’Etat ont été accordés, de même que des aides financières directes ont été acheminées aux populations ciblées.

Pour ce qui est des crédits aux entreprises, Oxygène et Relance, ils étaient sous forme de financement de trésorerie dans le cadre du programme Damane (garantie de l’Etat des crédits par le truchement de la Caisse centrale de garantie). Leur encours (Relance et Oxygène) a frôlé 62 milliards de dirhams, profitant à 100.000 entreprises.

Damane Oxygène a été mis en place pendant la phase de confinement pour répondre aux besoins de trésorerie des TPME et des entreprises de taille intermédiaire ayant connu une baisse d’activité en raison de la crise sanitaire Covid-19. La garantie de l’Etat couvre, à hauteur de 95%, les découverts exceptionnels destinés à faire face aux charges courantes des entreprises ne pouvant pas être reportées ou suspendues.

Le crédit Damane Oxygène est accordé au taux directeur augmenté au maximum de 200 points de base. Il est remboursable, in fine, au 31 décembre 2020. A cette date, l’entreprise bénéficiaire a eu la possibilité de convertir le découvert en crédit moyen terme. A fin 2020, ce programme a couvert 49.489 crédits pour un encours de 17,7 milliards de dirhams avec un taux de transformation qui avoisine 44%. Ce taux a progressé à 94% à fin mai 2021 après l’accomplissement des formalités de transformation.

Les PME ont bénéficié, à hauteur de 63% de l’encours, les TPE, 24% et les entreprises de taille intermédiaire (ETI), 13%. Par secteur d’activité, un quart du volume des crédits autorisés a été octroyé aux entreprises opérant dans le secteur des industries, 20% dans le secteur du commerce et 19% dans le secteur des BTP.

Garantie de l’Etat
Damane Relance, lui, a été mis en place au cours de la période post-confinement, pour répondre aux besoins de toutes les catégories d’entreprises pour la relance de leurs activités. La garantie de l’Etat varie de 80 à 90% du montant du crédit accordé selon la taille des entreprises. Le crédit Damane Relance est accordé au taux directeur augmenté au maximum de 200 points de base. Il est remboursable sur une période n’excédant pas 7 ans, dont 2 ans de différé maximum. Des produits spécifiques ont été mis au point pour les secteurs de l’hôtellerie et de la promotion immobilière.

A fin 2020, ce programme a couvert 35.245 crédits pour un encours de 35,3 milliards de dirhams. Les PME ont bénéficié à hauteur de 59% de l’encours, les TPE de 17%, les entreprises de taille intermédiaire de 10% et les grandes entreprises de 13%. Par secteur d’activité, un tiers du volume des crédits autorisés a été octroyé aux entreprises opérant dans le secteur des industries, 23% à celles du commerce et 16% à celles du secteur des BTP.

L’année 2020 a été également marquée par le démarrage du programme d’appui au financement de l’entrepreneuriat (PIAFE), destiné aux petites entreprises et aux porteurs de projets, baptisé Intelaka. Cette offre de financement fait l’objet d’une garantie par un fonds d’appui au financement de l’entreprise d’un montant de 6 milliards de dirhams, dont 3 milliards apportés par l’Etat et autant par les banques. Aussi, un financement de 2 milliards de dirhams a été alloué par le Fonds Hassan II pour le Développement Economique et Social à destination de l’entreprenariat dans le milieu rural.

Crédit Intelaka
Le crédit Intelaka est assorti d’une garantie à hauteur de 80%. Le montant du crédit est plafonné à 1,2 million de dirhams. Il est accordé à un taux fixé à 2% pour les projets en milieu urbain et 1,75% en milieu rural. A fin décembre 2020, le montant des crédits Intelaka accordés s’est établi à 2,7 milliards de dirhams, alloués à 15.085 bénéficiaires, dont 84% d’hommes et 16% de femmes. Les projets en milieu urbain représentent 82% du nombre total, contre 18% en milieu rural.

Par nombre de bénéficiaires, 59% des financements accordés sont d’un montant inférieur ou égal à 100 mille dirhams, 27% entre 100 mille et 300 mille dirhams et le reliquat de 14% des prêts supérieurs à 300 mille dirhams. Ces offres de financement et de garantie ont été déployées sous l’égide de la banque centrale. Bank Al Maghrib a été plus réactive pour limiter les conséquences de la crise sur le secteur bancaire, et donc sur l’économie marocaine en général.

«Au plan de la politique monétaire, elle a actionné l’ensemble des instruments aussi bien conventionnels que non conventionnels. Elle a réduit son taux directeur de 75 points de base à 1,5%, et libéré intégralement le compte de la réserve obligatoire au profit des banques. Elle a élargi le collatéral éligible aux opérations de recours aux avances en liquidité et assoupli ses conditions de refinancement, notamment des crédits destinés aux TPME», souligne Abdellatif Jouahri, gouverneur de la banque centrale dans le préambule du rapport de la supervision bancaire relatif à l’exercice 2020.

Sur le plan prudentiel, Bank Al-Maghrib a introduit des assouplissements temporaires portant sur le relâchement des coussins réglementaires de liquidité jusqu’à fin juin 2020 ainsi que des coussins de fonds propres à hauteur de 50 points de base jusqu’à fin juin 2022. Des mesures qui ont permis au secteur bancaire de prendre des risques calculés et d’octroyer des crédits garantis jusqu’à 95%. Ce qui a permis de réduire l’impact des répercussions de l’épidémie sur la faillite des entreprises et le taux du chômage.