Des craintes pour l’économie mondiale à cause du variant Omicron

Le retour de l’aversion aux risques

Les bourses mondiales prennent peur face à ce nouveau variant du Covid, baptisé Omicron. Le tourisme, le transport aérien et le pétrole sont autant de secteurs qui font les frais du retour de la pandémie sur le devant de la scène.

La découverte d’un nouveau variant du coronavirus en Afrique du Sud, potentiellement bien plus contagieux, a ravivé les pires craintes des investisseurs sur un retour de la pandémie. Un vent de panique a soufflé sur les bourses mondiales.

La Bourse de New York a fini vendredi 26 novembre 2021 dans le rouge, signant sa plus forte baisse quotidienne depuis des mois, en raison des inquiétudes liées à la détection de ce nouveau variant du coronavirus en Afrique du Sud, potentiellement résistant aux vaccins. Au cours de cette séance, les secteurs les plus exposés à la pandémie ont été les plus affectés par le retour de l’aversion aux risques.

La tension est, depuis, montée en flèche sur les principaux marchés financiers dans le monde. Ainsi, l’indice Dow Jones a cédé 2,53%, ou 905,04 points, à 34.899,34 points. Le S&P 500, plus large, a perdu 106,74 points, soit 2,27%, à 4.594,72 points. Le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 353,57 points (2,23%) à 15.491,66 points. Quant à l’indice phare de la Bourse de Paris, le CAC 40, il a connu sa pire séance depuis mars 2020, lorsque les premiers confinements ont été annoncés en Europe.

Il a clôturé à 6.739,73 points, en chute de 4,75%. Le DAX 40 a abandonné 4,15% et l’indice paneuropéen STOXX 50 a chuté de 4,7%. La volatilité a atteint son plus haut niveau en plus d’un an. L’indice VSTOXX, qui tend à monter lorsque les marchés paniquent, a bondi de 12 points, sa plus forte hausse journalière depuis la panique boursière de mars 2020. Le Vieux Continent n’est pas le seul à prendre peur face à ce nouveau variant.

Plus tôt, les Bourses asiatiques avaient clôturé dans le rouge. L’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo avait abandonné 2,53%, alors que le Hang Seng de Hong Kong lâchait 2,7%. Cette nouvelle alerte liée au Covid intervient à un moment délicat pour les marchés actions, déjà fragilisés par la flambée de l’inflation et les difficultés d’approvisionnement. Les fermetures de frontières risqueraient encore d’aggraver ces difficultés, alors même que les banques centrales ont déjà engagé le retrait des mesures de soutien mises en place au plus fort de la crise.

Valeurs refuges
Les nombreuses inconnues autour du nouveau variant, en particulier sur sa capacité à échapper ou non à l’immunité conférée par les vaccins, poussent cependant les investisseurs à la prudence. À la recherche de valeurs refuges, ils se sont rabattus sur les obligations souveraines.

Les taux de long terme, qui évoluent en sens inverse du prix des emprunts d’État, ont fortement chuté partout. Le taux français a reculé de 8 points de base, à 0,03%. Le Bund allemand affichait une baisse similaire, à -0,34%, tandis que le rendement des «Treasuries» américains à dix ans était en baisse de 14 points de base à 1,49%. Face à cette situation, les traders ont retrouvé les automatismes acquis durant les premières vagues de la pandémie.

Les valeurs liées au tourisme et en particulier à l’aérien ont été particulièrement affectées, notamment les compagnies aériennes. La panique n’est pas limitée aux marchés actions. Le pétrole a également fait les frais du retour de la pandémie sur le devant de la scène. Les restrictions de déplacement déjà annoncées ont poussé les investisseurs à revoir à la baisse les prévisions de demande. Le baril de brut américain (WTI) sombrait de 12% à la clôture européenne, à moins de 69 dollars, tandis que le Brent perdait plus de 10% sous 74 dollars.