COVID 19: LE VACCIN CHINOIS ET NOUS !

Le Maroc a fait le bon choix de se tourner dès le début de la pandémie vers la Chine, dont le soutien aux efforts du Royaume dans sa lutte anti-Covid-19 n’a jamais failli.

En annonçant le lancement imminent d’une opération massive de vaccination contre le coronavirus, pendant que les essais cliniques sur un vaccin chinois sont en cours d’achèvement au niveau de structures hospitalo-universitaires de Rabat et Casablanca, le Maroc revient en force sur la scène internationale. Si le Maroc est l’un des premiers pays à mettre en place une stratégie de vaccination, c’est qu’il a fait le bon choix de se tourner dès le début de la pandémie vers la Chine, dont le soutien aux efforts du Royaume dans sa lutte anti-Covid-19 n’a jamais failli. Un soutien qualifié de précieux, efficace et généreux par le Maroc, qui rappelons-le, avait tenu à exprimer sa solidarité avec la Chine en envoyant des équipements médicaux dont ce pays avait besoin au début de l’épidémie. Des faits qui confirment l’adage chinois qui dit: «celui qui donne une goutte d’eau recevra l’eau de source».

Plus encore, ce soutien de nos amis chinois s’inscrit dans un cadre de partenariat bilatéral plus large et de haut niveau dans la lutte contre le Covid-19. Un partenariat sincère et pragmatique porté par les deux chefs d’État, qui ont convenu le 31 août dernier du lancement au Maroc de la troisième phase des essais cliniques du vaccin, et de promouvoir la coopération pour son développement et sa production localement, dans le cadre de l’accord sanitaire signé auparavant entre les deux pays. Le Maroc pourra ainsi assurer sa propre fourniture en vaccin, et par la même occasion celle d’autres pays, particulièrement en Afrique.

Considéré comme l’un des plus avancés chronologiquement et le plus sûr en termes d’essais, de preuves d’efficacité et de procédés de fabrication que tous les autres vaccins actuellement en préparation sur le marché, le vaccin chinois contre le Covid- 19 devrait commencer à arriver chez nous avant la fin de l’année. Dix millions de doses devraient ainsi être livrées au Royaume et administrées en deux doses de 21 jours d’intervalle aux populations prioritaires, constituées de personnel de première ligne, de personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques, avant l’élargissement au reste de la population.

En attendant une évaluation objective et scientifique sur la base des résultats préliminaires des essais cliniques de phase 3 qui seront publiés très prochainement, la confiance et l’optimisme à l’égard de la sécurité et de l’efficacité du vaccin règnent au sein de nos experts. Cette phase qui s’est déroulée au Maroc et dans bien d’autres pays de la zone Mena et de l’Amérique latine ayant fait confiance à ce vaccin, vise à étudier l’immunogénicité, qui correspond à l’augmentation des anticorps neutralisants après l’injection des deux doses de vaccin.

Menés sur de larges et diveres populations de personnes (plus de 50.000 pour ce vaccin), ces essais multicentriques, réalisés dans de nombreux centres d’études et hôpitaux, permettent de comparer l’efficacité du vaccin face à un placebo. Ni le participant, ni l’équipe médicale ne savent quel produit reçoit chacun des participants (essai en double aveugle), ce qui permet d’écarter tout préjugé ou jugement faussé sur son efficacité ou ses effets indésirables, qui sont évalués dans les phases 1 et 2.

Concernant les essais de phases 1 et 2 du vaccin chinois, les analyses des résultats ont été publiés dans des revues scientifiques. La première phase permet de cerner la toxicité du vaccin à travers l’évaluation de la sécurité d’emploi, son seuil de tolérance ainsi que les effets indésirables. Elle permet aussi de définir la dose et la fréquence d’administration qui seront recommandées pour les phases suivantes. Pour la phase 2, le but est de démontrer l’efficacité du vaccin et définir la dose optimale par rapport à celle recommandée.

Il est important de noter que le vaccin chinois est développé selon un procédé classique et connu n’utilisant pas des technologies innovantes, ce qui le rend plus sûr. Il s’agit en effet d’un vaccin inactivé qui utilise un virus «tué», ne se répliquant pas dans les cellules humaines, d’où la nécessité d’administrer une deuxième dose pour maximiser la réponse immunitaire.

En faisant le choix de se tourner d’abord vers son nouveau partenaire stratégique que représente la Chine, le Maroc a voulu se soustraire aux conséquences de la bataille acharnée que se livrent les grands laboratoires mondiaux, dans une compétition planétaire où les enjeux financiers sont énormes. En misant par contre sur ce Laboratoire chinois, il est en train de réussir plusieurs batailles, celles du temps, de l’approvisionnement, du financement, du transfert technologique et de la souveraineté pharmaceutique.

Par Anass Doukkali, Universitaire, Ancien ministre.


X

Télécharger le magazine Maroc Hebdo

Télécharger