Quand le COVID-19 met à mal le système éducatif

PLUSIEURS DÉCENNIES DE PROGRÈS DANS LE DOMAINE DE L’ÉDUCATION RISQUENT D’ÊTRE RÉDUITS À NÉANT.

L’éducation, qui constitue l’investissement le plus essentiel pour une reprise et un avenir durables, est plus que jamais mise à mal par le Coronavirus. Ainsi, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO), la pandémie du COVID-19 a créé la plus grave perturbation des systèmes éducatifs mondiaux de l’histoire, forçant plus de 1,6 milliard d’apprenants à quitter l’école au plus fort de la crise. Elle a également exacerbé les inégalités préexistantes et a touché plus durement les apprenants vulnérables.

La pandémie menace, ainsi, d’annuler des décennies de progrès dans le domaine de l’éducation, surtout lorsqu’on sait que les approches pédagogiques et les résultats d’apprentissage expérimentées jusqu’ici peinent à donner pleine satisfaction. Quant à mieux exploiter une connectivité et des technologies équitables pour l’apprentissage, tout reste à faire.

D’un côté, obligés de ne plus s’appuyer sur le seul modèle d’enseignement en présence de leurs élèves ou de leurs étudiants, les professeurs peinent plus que jamais à enseigner avec le modèle hybride présentiel – distanciel. De l’autre, les élèves et autres étudiants ne savent plus à quel saint se vouer, surtout quand le flou règne. Souvent par absence d’évaluation, comme l’estiment certains étudiants, ou tout simplement à cause de la difficulté de suivre les cours à distance comme l’estiment d’autres.

Ainsi, en situation de post-confinement, la reprise de l’enseignement en présentiel, même si elle n’est que partielle car conjuguée à l’enseignement à distance selon la formule du modèle hybride, elle n’est pas de tout repos pour les enseignants. Car l’alternance entre le présentiel et le distanciel a aussi ses contraintes, à commencer par la division des classes en deux groupes. Certains enseignants redoutent, en effet, de ne pas pouvoir terminer le programme à temps car, plutôt que de faire une leçon en un cours, il leur faut désormais deux cours pour terminer une seule et même leçon: un premier cours pour le premier groupe, un second cours pour le second groupe – mais, in fine, toujours la même leçon.

Ça devient difficile, alors, de garder le même rythme et le même programme en travaillant de cette façon. De même, certains enseignants craignent également que le retard pris par certains élèves ne s’accumule davantage.

Or, à distance, les élèves sont censés travailler afin, justement, de ne pas accumuler de retard. C’est le principe de l’auto-apprentissage: les élèves apprennent par eux-mêmes une partie du programme, sur la base des éléments de cours que l’enseignant leur fournit.

Cependant, tous ne le font pas, faute d’être suffisamment autonomes. La plupart des élèves n’apprennent pas chez eux. Soit ils ne sont pas assidus, soit ils ont beaucoup de mal à comprendre le cours par eux-mêmes. C’est bien la raison pour laquelle les enseignants craignent que la totalité du programme ne soit pas vue, et que l’enseignement à distance ne joue pas son rôle.


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