Covid-19: Le Maroc autorise le médicament anti-covid de Merck

D’après le laboratoire américain, le Molnupiravir permet de réduire de 30% les risques d’hospitalisations ou de formes graves chez les patients atteints de Covid-19.

Le Maroc renforce son arsenal de lutte contre le Covid-19. Le comité technique et scientifique chargé de la lutte contre le Covid-19 a donné son feu vert mardi 4 janvier 2021, pour la mise sur le marché du médicament anti-covid Molnupiravir, développé par le laboratoire américain Merck.

D’après le Dr. Saïd Moutawakil, membre dudit comité, ce médicament sera disponible dans le Royaume dans les prochains jours. «La Direction des médicaments et de la pharmacie (DMP) a donné l’autorisation de mise sur le marché du Molnupiravir, après plusieurs mois de négociations avec le laboratoire américain. Une fois disponible, ce traitement sera inclus dans le protocole thérapeutique », a-t-il déclaré dans un entretien avec la SNRT.

Mais concrètement, que sait-on de ce médicament? Il s’agit en fait d’une pilule antivirale qui était initialement destinée à soigner la grippe et l’hépatite C, mais qui serait efficace contre le Covid-19.

Négociations avec d’autres laboratoires
D’après Merck, il permet de réduire de 30% les risques d’hospitalisations ou de formes graves chez les patients. Les données du fabricant avaient convaincu l’Agence américaine du médicament (FDA) qui avait autorisé son utilisation en urgence le 23 décembre 2021. Toutefois, la FDA ne recommande pas ce traitement aux femmes enceintes. La veille, elle avait également donné son aval à la pilule Paxlovid, développée par Pfizer.

Justement, à en croire le Dr. Moutawakil, les autorités sanitaires ne comptent pas se limiter à ce médicament. Elles prévoient de diversifier leurs approvisionnements. «Le Maroc a entamé les négociations pour acheter les pilules de Pfizer, mais aussi des médicaments fabriqués par des laboratoires chinois et indiens qui sont en cours d’instruction», révèle-t-il, non sans préciser que «le vaccin est une excellente solution pour limiter la propagation du virus, mais il n’est pas suffisant, à lui seul, pour y faire face, surtout devant ce phénomène d’échappement vaccinal».

Une annonce qui intervient dans un contexte marqué par une forte hausse des contaminations au Maroc, avec une augmentation de 222,5% des nouveaux cas en une semaine, du 27 décembre 2021 au 2 janvier 2022, selon le ministère de la Santé. Le Molnupiravir n’est pour l’heure autorisé que dans trois pays. Outre les Etats- Unis, la pilule figure aussi dans le protocole thérapeutique au Danemark et en Grande-Bretagne. La France semble un peu réticente.

La Haute autorité de Santé (HAS) avait annulé sa mise sur le marché en décembre 2021, car estimant qu’il «ne remplit pas les critères nécessaires pour obtenir une autorisation d’accès précoce». En plus, la HAS avait avancé que les résultats d’efficacité dévoilés par le laboratoire pharmaceutique sont moins bons que ceux des traitements disponibles.